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Antics

Interpol
Labels / EMI Music - 27 septembre 2004

La performance est belle : sans jamais tomber la cravate, Interpol est tranquillement en train de s’installer au firmament du rock. En 2002, c’est le remarquable Turn On The Bright Lights qui avait ouvert le feu. On y découvrait que ces 4 gravures de mode new-yorkaises aimaient beaucoup la cold wave et que la voix de Ian Curtis (Joy Division) pouvait être exhumée avec classe et efficacité. En 2004, le petit dernier nommé Antics enfonce le clou et, dans le même élan, défonce le mur du scepticisme : Interpol vaut bel et bien sa flatteuse réputation.

Ce nouvel opus est moins triste et plus apaisé : on ne sait pas trop si le leader Paul Banks a trouvé une copine, enfin, de toute évidence, la mélancolie se fait d’un coup plus légère, plus sereine. La pédale de reverb est un peu mise sur la touche pour un son volontairement plus rock. Et Interpol de se forger réellement son propre style, dorénavant au-delà de tout cliché revival.

Antics est donc une collection de pépites sombres mais réjouissantes, de roses noires mais piquantes. Ce joli matériel sonore s’épanouit doucement au fil d’écoutes que l’on ne peut éviter de répéter tant la toison mélodique est irréprochable. Aux côtés des perles que constituent Evil, Take You On A Cruise, Slow Hands et Not Even Jail, Interpol propose un tracklisting plus qu’efficace. Seul bémol : une entrée en matière un peu mollassonne avec un Next Exit qui frôle la porte de sortie.

Alors, après tous ces éloges, une question se pose : Antics est-il le disque de la soirée, de la semaine ou du mois ? Peut-être qu’on s’emballe un peu mais il semble bien qu’Interpol ait signé l’album de la rentrée : précisément la musique qu’il faut pour tenir le coup au Pensionnat de Chavagnes, pour supporter toutes ces brimades et ces désespérantes feuilles mortes. Du romantisme contre la morosité, de la mélodie contre la passivité : l’automne qui aurait de jolis reflets, tout simplement.

En tout cas, Antics, B.O. idéale pour émission de merde ou pas, est un disque qui devrait s’inscrire dans les classements rock de 2004. Cette année, on avait déjà eu le droit aux petites merveilles signées Franz Ferdinand, Sonic Youth ou encore TV On The Radio. Il faudra maintenant penser à mentionner Interpol.


www.interpol-antics.com
www.labels.tm.fr

chronique publiée le 20/09/2004


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