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Organics

L2W
Nocturne - 15 octobre 2004

L2W ou le démon de midi. Le titre du célèbre spectacle de Michèle Bernier semble correspondre en effet au tempérament de Laurent de Wilde, qui, à la quarantaine, comme certains hommes décident de « réveiller » leur libido au détriment de leur femme, a choisi de faire évoluer son jazz en le propulsant vers les limites infinies de la musique électronique. Pas par snobisme, simplement pas passion. Quitte à perdre en route une partie de son public… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la chanson You’ve Changed de Billie Holiday (magnifique au demeurant) est sa préférée…
Organics, on s’en serait douté, va encore plus loin dans la fusion que Time 4 Change et Stories, mêlant sonorités acoustiques et programmation rugueuse, soli gracieux et rythmiques alambiquées (Sleep well, my friend ; Versus 14). Cet album surprend par sa complexité puis par son évidente liberté de ton : 100% instrumental, il renoue finalement avec l’esprit originel du jazz. Enregistrés à la suite d’un concert fameux au Batofar (Paris), ces 8 titres plongent dans l’expérimentation et le rêve.
De l’acid-jazz (The Prisoner) au funk (No Straight) en passant par la drum’n’bass (Spintronix, Mr Natural) et le dub (Lo B), L2W s’en donne à cœur joie en brouillant constamment les pistes, tel un Miles Davis dans sa période électrique. Gaël Horellou, omniprésent, accompagne harmonieusement Laurent de Wilde au saxophone (ainsi qu’à la programmation), Philippe Bussonnet (ex-Magma) tient la basse – chaude et élastique – et Yoan Sera quant à lui, la batterie, l'autre élément essentiel de ce quartet pas comme les autres.
Organique, cet album l’est assurément. Magique, cela va sans dire. Comme cette reprise finale du Summertime de George Gershwin, peut-être le plus beau thème du 20ème siècle.


www.laurentdewilde.com
www.nocturne.fr

chronique publiée le 27/09/2004


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