22/08/2019  |  5227 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/08/2019 à 13:53:53
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Satan's Circus

Death in Vegas
Drone - 2004

Au départ ce n’était qu’une vaste rigolade avec une référence à Elvis, à son dernier soupir télévisuel de Las Vegas et un premier album maladroit mais prometteur.
A mi-parcours de ce périple électro-pop, un deuxième opus, The Contino Sessions, qui marquait un virage assez serré vers une pop-électro bruyante avec des guitares comme aux plus beaux jours de Jesus and Mary Chain ou de My Bloody Valentine et démontrait sans aucune ambiguïté la grande nostalgie du leader Richard Fearless et de son acolyte Tim Holmes pour les frères Reid et Kevin Shields.
Au final (définitif ?) de ces quatre albums, un label qui vous lâche pour de fallacieuses raisons et un double album Satan’s Circus qui s’annonce par son titre comme une sacrée descente aux enfers.
Ce qui frappe, ce sont la cohérence (co-errance…) qui se dégage de ce dantesque double album (une partie « Studio » et l’autre « Live ») et l’omniprésence des synthétiseurs estampillés « New Wave » (Jupiter et consorts…) qui hantaient les fantômes de Joy Division, de Teardrop Explodes, de Human League, d’OMD, de Wire, de Section 25,de Yellow Magic Orchestra et surtout de Kraftwerk.
De cet échantillonnage de sons de clavier, le duo désormais basé à Londres, a tissé de longs et harmonieux instrumentaux poético-oniriques où se côtoient dépression fatale et éternel espoir d’un monde meilleur.
Des morceaux comme Zugaga (une resucée du Deep Sleep de YO3 avec une intro très Trans Europ Express…), Black Lead et son TB 303 qui fera irrésistiblement penser au Quoth de Polygon Window, Sons of Rother avec son mid-tempo cher à Death In Vegas (une sorte de marque de fabrique !) et son clavier crétin, l’énorme basse sur Anita Berber (est-ce Mat Flint du feu-groupe Revolver à la basse ?...) ou le magnifique Candie McKenzie au synthé pur vintage early 80’s (Teardrop Explodes ou Blue Orchids au choix !), sa guitare mélancolique et sa boîte à rythme réverbérée suffiront à vous faire mettre un genou à terre et vous donneront l’immanquable envie de vous replonger dans l’électronica des productions du feu-label GPR (Global Production Recordings) circa 1993-1994.
Là encore, certains pourront être las de constater l’inéluctable et désagréable impression d’un recyclage permanent, de bon goût certes, mais sans originalité.
N’empêche, Death In Vegas peut s’arguer de nous proposer un double album impeccablement schizoïde dont les mélopées s’immisceront insidieusement dans toutes les pores de votre corps meutri par tant de déprime ; mais à force d’être si spleenant il en devient jouissif…
Pour conclure et pour être définitivement un rabat-joie de première, il conviendra de passer une séance de rattrapage avec toute la production de Beaumont Hannant (un dossier spécial sera l’objet d’un futur papier) et l’idée que cet album pourrait être éventuellement un improbable album instrumental de Joy Division/New Order me classera dans les chefs de file des insupportables corbeaux cold-wave : vive l’Eye-liner de Robert Smith !...


www.continorooms.com

chronique publiée le 17/10/2004


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