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Smoke in the Shadows

Lydia Lunch
Atavistic - novembre 2004

Plus calme que Bad Moon Rising avec la jeunesse sonique et encore fougueuse, mais pas moins dérangée, Lydia Lunch nous livre avec Smoke in the Shadows un carnet intime poisseux et perturbé, hanté de ses démons sexuels.
Bande-son possible pour les errances de drogués des poètes de la Beat Generation, à la recherche de leur pulsation intime, ou film noir tourné sous la pluie, un jour de grand froid de la fin des années 40, et de profonde mélancolie contaminante.
On entre dans un bar enfumé, on n’y voit goutte, et on se laisse immédiatement prendre par ce jazz mutant, cette pop vénéneuse, et plus si affinités, qui a à voir avec une poésie scandée, mais crachée, la bile aux lèvres. Johnny Behind The Deuce, Touch My Evil, Gone City ou Trick Bab sont autant de complaintes perverses de rage rentrée, de colère refoulée. A l’inverse, Hangover Hotel, I Love How You…, Blame tiennent plus d’une fusion trip-hop d’un Tricky défoncé et du jazz le plus sombre.
L’éponyme Smoke in the Shadows, emblématique, batterie, piano, synthé, est une troublante comptine pour nuit solitaire et tourmentée. Quelques bidouillages électro (de saison ?) sur Lost World, mais sinon un disque intègre, qui dévoile aux patients ses trésors nocturnes et possible source d’inspiration pour les déjà bien émoussés Tom Waits, Tricky et autres animaux en liberté surveillée.


www.lydia-lunch.org
www.atavistic.com

chronique publiée le 07/11/2004


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