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FURYANDSOUND

Natalia M. King
Universal - 2003

Les veinards qui ont découvert Natalia M. King dans les caves parisiennes où elle officiait vers la fin du siècle dernier se souviennent sans doute qu’à la sortie en 2000 de son premier album Milagro, le ban et l’arrière-ban de la critique musicale qui compte par chez nous avaient été convoqués au baptême de la galette et s’étaient exécutés avec un enthousiasme et une unanimité des plus touchants. Du coup, le retour sur investissement semble avoir été à la hauteur des espérances expertes-comptables en charge de l’univers musical de la Nation, ce qui nous a valu en 2003 (si, si, vous allez voir, même l’amateur le plus foutraquement rebelle a quelque chose à gagner dans ce tripatouillage médiatico-arithmétique) un deuxième album largement débarrassé des quelques facilités et concessions de Milagro, qu’on imagine du coup inhérentes à la sortie d’un premier opus chez une major qui a décidé de faire un coup. Ce qu’on retient en effet d’une première écoute de FURYANDSOUND, c’est que ce qu’il y avait de plus original dans Milagro est ici affirmé et approfondi par une artiste prenant la pleine et entière liberté de développer son univers. On en voudra tout particulièrement pour preuve les six plages (sur dix) tutoyant ou dépassant les sept minutes. Les plages ont cette manière organique de naître et de se déployer pour ne finir qu’après être pleinement parvenues au bout de la sensibilité vagabonde de leur interprète. Le long de ces libres méditations la voix de Natalia se veut comme un instrument de plus tout en se tenant résolument à la confluence des traditions soul et folk, et l’on se rappelle qu’elle était à l’affiche de Jazz sur son 31 en 2002. Enfin, sa personnalité n’est pas pour rien dans la réussite de ces édifices élancés, accueillants et ouverts, peuplés d’êtres de sons qui pensent et nous parlent.
Tout ce qu’on pourrait reprocher à l’album dans sa globalité c’est un peu de dispersion quant aux choix esthétiques, un ligne directrice pas toujours claire, pour ce qui est des parties instrumentales. Notez bien que si on en est arrivé là, c’est que l’affaire nous a assez sévèrement intéressé pour qu’on lui prête plus qu’une attention distraite. Alors gageons que le long Come rest final du disque nous donne rendez-vous pour LE grand album de la maturité de Natalia, dont on flaire qu’il ne devrait pas être long à émerger d’un laboratoire de la trempe de FURYANDSOUND.


nataliaking.artistes.universalmusic.fr


chronique publiée le 14/02/2004


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