15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus

Nick Cave & The Bad Seeds
Mute - 2004

« Get Ready For Love ! / Praise Him ! », basse vrombissante et grand renfort du chœur, batterie fracassante et grosse guitare qui crépite, Abattoir Blues comme une explosion très propre et positiviste, ce rythme gospel qui en agacera certains, moi la première, Abattoir Blues, album 1 du double Nick Cave presque tout frais dans son carton tissé.

Un album qui prend peu à peu, comme ces garçons qui m’embêtaient quand j’avais 6 ans, qui y mettaient tout leur cœur. Sans grande originalité et tous pareils, des garçons à rejeter pour la frime et l’orgueil et retourner jouer avec grand père, et puis y repenser, y voir plus précieux, et le temps de regretter c’est trop tard, ils préfèrent déjà les jolies blondes moins joufflues. Nick Cave s’en fout de mes joues, Nick Cave n’a rien à prouver à personne, encore moins à moi. Nick Cave m’a prise par faiblesse et accoutumance. Quelque chose dans Hiding All Away, ses histoires de retrouve-moi, le temps que tu y arrives, tu sauras.
Le trouble et les tremblements du morceau titre, Abattoir Blues et lui qui nous tient le visage pour qu’on ne puisse que subir cette histoire comme la notre « The air grows heavy / I listen to your breath / Entwined together in this culture of death », ces aveux magistraux « I wanted to be Superman but I turned out such a jerk ».
« There she goes my beautiful world » qui aurait fait une jolie chanson de PJ Harvey maintenant trop lisse pour atteindre le cœur et le ventre de certains, moi la première, et qui devient tout bonnement de celles qu’on bloque sur Repeat en s’en rendant compte à la 5ième écoute consécutive.

Histoires gentiment étranges et retour du Gospel bien et trop souligné, si The Lyre of Orpheus s’annonce de la même trempe que l’album 1, il tombe très vite dans le sucré et l’ensoleillé, les flûtiaux, les maracas, les accords très ronds et les histoires d’amour basiques. Les « I am Breathless without you », les « You are my true only love ». Les rouillés « Money, Money man it is a bitch ». Le petit garçon est très grand maintenant, je l’ai laissé faire, je suis à deux doigts de me tirer sans jamais me retourner avec Tom Waits, que j’ai toujours aimé, lui au moins, sans rechigner, ou avec un petit jeune dont je refuse de reconnaître les influences et les passions secrètes, ces trucs de notre âge, les jeux vidéos, protools et aucun pote musicien, à peine un type en back up d’une star FM, le football, les Datsuns et autres immondices, que sais-je.
Mais Nick Cave me colle contre lui et sait très bien que de ce double album, il restera trois morceaux sur un best-of, il sait très bien qu’il ne continuera pas comme ça indéfiniment, que malgré l’adhérence automatique de ses fidèles à toutes ses soi-disant nouveautés, « It’s just story repeating itself / And, babe, you turn me on ».


www.nick-cave.com
www.nickcaveandthebadseeds.com
www.bad-seed.org

chronique publiée le 23/12/2004


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