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Weightless

Jackpot
Munich Records - 2001

Il n’y a pas à dire, mais les bibliothèques et leurs indispensables discothèques sont une véritable bénédiction. Notamment pour le fouineur arpentant à longueur de journée les bacs d’occasion, curieux, patient et anxieux de dénicher enfin LA perle, celle du groupe le plus obscur ou peut être le meilleur disque jamais sorti de tous les temps.
Aujourd’hui, c’est une merveille de 2001 qui m’amène, Jackpot et leur deuxième album Weightless, sorti chez Munich Records. Un trio et le troubadour grungy magique Rusty Miller, originaire d’un des trous du cul du monde, Placerville, Californie, à 50 bornes de Sacramento.
A cette époque-là, Pavement venait de sortir Terror Twilight, surproduit, son plus mauvais disque, et la plupart des ex-gloires indies étaient aux abonnés absents. En entendant La La Land, première chanson, on pense à la drôle de voix de l’animal Jeffrey Lewis et sur Piano à celle d’un Ben Green ou Adam Kweller sobre et moins espiègle. Mais en écrivant ça, on ne dit rien sur cette magique alchimie folk et punk, pop et garage, country et rock, mélange autrement et authentiquement plus passionnant que tous ces post-punk-funky nuls d’aujourd’hui, oubliés après-demain. La La Land en bombinette pop a la grâce des pauvres ritournelles genre Here de Slanted and Enchanted et c’est génial (et mieux que le premier Pavement ? Rusty Miller meilleur que Stephen Malkmus dans la coolitude et le génie désinvolte ?). Weightless est jouée avec deux doigts par les orfèvres rock du Crazy Horse sans Neil Young qui acquiesce, pas mauvais bougre. Whiskey ou la mélodie parfaite après laquelle a longtemps couru Stephen Duffy, qui s’est depuis rabattu sur le folk et qu’ont déniché entre autres le Teenage Fan Club en Bandwagonesque. Et Jackpot, qui le décroche haut la main, sans effort, des vies de merde pour une country pop sublime.
Et on tape dans les mains, hip hip hip pour Weightless, il n’est jamais trop tard et les vrais disques restent toujours, à l’ère du mp3 ou pas.


www.munichrecords.com

chronique publiée le 31/01/2005


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