23/05/2019  |  5195 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 23/05/2019 à 08:15:03
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Kimlico II

Kimlico
My Kids Are Lovely People - 2004

En 2002, la formation parisienne Kimlico avait livré un premier e.p joliment troussé, qui laissait entrevoir leur intérêt pour la «nouvelle chanson française» ainsi que pour la pop «éthérée» des «années 4AD»… 2 ans plus tard, Aurélia (basse, programmations), Jacques (guitare, voix) et Thomas (batterie) reviennent aux affaires avec un second e.p (4 titres + 1remix) intitulé Kimlico II, où l’on note, de prime abord, que les influences ont sensiblement évolué… Le mix «shoegazing/Dominique A» s’est quelque-peu estompé, et a laissé place à une alliance inattendue entre le post-punk de Joy Division et The Cure, et l’électronique allemande de Kraftwerk. Autre nouveauté, la place prépondérante qu’occupe désormais la basse d’Aurélia: les lignes mélodiques que dispense la demoiselle sont renversantes d’efficacité, et hypnotisent nos oreilles, déjà largement consentantes…
Le premier titre Die ganze welt ist ein krankenhaus est un drôle d’objet hybride, long en bouche, mais qui cache tout au long de sa lente progression des trésors de sophistication. Ainsi, une basse «à la Kim Deal» côtoie un gimmick électronique entêtant, lui-même secondé par des guitares que l’on croirait échapper tout droit du Three imaginary boys des Cure. Le second titre, Das pop musik, est sans nul doute «le petit joyau» du e.p, une ritournelle electro-pop qui fond dans les oreilles comme le sucre d’orge fond dans la bouche… Entre Kraftwerk (pour le côté froid/minimaliste) et Grauzone (le côté années 80, et le refrain chanté en allemand), Das pop musik a tout du tube potentiel, pour peu que les radios veuillent bien jouer le jeu…
L’avant-dernier titre, Zoo, semble taillé pour la scène, avec sa belle énergie post-punk, ses lignes de basses obsédantes («Peter Hook, es-tu là ?») et son chant «désintégré», perdu dans les abîmes…(«Swimming the same deep water as you is hard…»). Enfin, Out of blue étrenne son doux spleen baudelairien, comme si les jours heureux semblaient déjà loin, comme si le nouveau millénium avait enfanté en chacun de nous une sorte de mélancolie perpétuelle…
En guise de «cadeau/bonux», une version remix de Das pop musik, qui se voit littéralement «défiguré» par le prénommé Mika, sans doute un émule conscient ou inconscient de Richard D. James (Aphex Twin)…
Conclusion, Kimlico a fait sa «mini-révolution» entre les 2 e.ps, se débarrassant au passage de certains «tics de jeunesse», pour s’affirmer en tant que formation pleinement mature, sachant désormais quel chemin prendre pour leur premier «véritable» album qui s’annonce d’ores et déjà «rayonnant»…

Discographie:
Kimlico : maxi 5titres (2002)
Kimlico II : maxi 4 titres + 1 remix (2004)


www.kimlico.com

chronique publiée le 14/03/2005


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