19/08/2019  |  5224 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 18/08/2019 à 16:59:18
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LCD Soundsystem

LCD Soundsystem
DFA / EMI - 2005

« Don't Believe The Hype » disait le groupe de rap Public Enemy, et pourtant il existe des exceptions à cet adage fort couramment utilisé dans les milieux ad hoc.
Certes on pourrait reprocher à James Murphy de surfer avec opportunité sur cette vague post-punk qui déferle depuis plus d’un an mais ce n’est pas moi qui le blâmerai !
La raison principale est que le mentor de Rapture ou de Radio 4 est avant tout un vrai fan de musique et cela se sent à l’écoute de ce premier opus qui à défaut de sentir la naphtaline sent la sueur à plein nez.
A l’instar de James Lavelle fondateur du label Mo’Wax (qui réédita (trop tôt ?) les fabuleux Liquid Liquid avant qu’ils ne reviennent sur le label DFA de…James Murphy) – tête pensante avec DJ Shadow du projet UNKLE, ou encore de Trevor Jackson aux commandes du remarquable label Output et aussi chef du groupe Playgroup ; James Murphy prouve encore une fois qu’être fan de musique et de se lancer dans la création musicale provoque immédiatement des complexes oedipiens qu’il est bien difficile de surmonter.
C’est pour cette raison que l’album de LCD Soundsystem est remarquable ; on sent vraiment que les différents groupes qui ont bercé les nuits adolescentes de ce New Yorkais l’ont tellement imprégné au plus profond de ses neurones, que la composition, l’utilisation de gimmicks, de riffs, d’accords de basse ou autres procédés de production en devient naturel et sincère. 
Daft Punk is playing at My House débute ce disque par un rythme d’emblée énervé et écervelé avec des guitares tout droit piquées à Dead Souls de Joy Division, To Much Love emprunte des sons stridents chipés encore à Joy sur Exercice One et James Murphy continue son vol à l’étalage sur le morceau suivant, Tribulation, véritable hymne à Temptation de New Order et ses guitares rachitiques.
Que de vols me direz-vous, oui, des vols manifestes, mais des vols respectueux rendant hommage à ses maîtres avec la plus unanime des sincérités, ; celles des fans de musique qui ne vivent qu’à travers elle.
Parfois LCD se laisse aller à des compositions plus posées voire bucoliques tant le rythme s’est affaibli et la mélodie renforcée, comme sur le très Beatles/Love Never As Tired As When I’m Wake Up, mais il retrouve vite ses réflexes de coureur de fond sur les autres compositions où un autre fantôme apparaît au grand jour : Mark E. Smith, leader charismatique des très sous-estimés The Fall.
Sur quasiment tous les morceaux, on sent James Murphy chanter avec la même détermination, le même phrasé du mancunien fou furieux.
Toute la branche « Avant-Funk » New Yorkaise est conviée à cette partouze Punk ; de Liquid Liquid à ESG en passant par les Bush Tetras (soit la prestigieuse division du label « 99 Records » dirigé à l’époque par Ed Balhman), LCD prend un malin plaisir à réunir la crème de la crème de la musique underground du début des années 80.
La chanson Great Release clôt de façon ironique cet album foutraque par une ballade chantée comme John Cale sur l’album hommage à Andy Wharol Songs For Drella.
Cet album de LCD Soundsystem ne rompra jamais le lien indéfectible avec les années 80 ; il ne représente qu’un doux prolongement respectueux et nostalgique d’une époque fastueuse !


www.lcdsoundsystem.com
www.dfarecords.com

chronique publiée le 16/03/2005


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