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La mia ragazza mi ha lasciato

Morose
Ouzel Records - 2005

Des brûlures lentes et superficielles. Voilà ce que provoque l’écoute de cet album de Morose sorti sur le label italien Ouzel Records. Ce groupe tout aussi italien (des environs de La Spezia) impose ces mélodies mélancoliques, qui ne sont superficielles que de nom. Car on les garde, on les protège et on s’en rappelle longtemps. Mais il n’y a pas de marques ni de traces en surface. Tout se passe à l’intérieur, comme une sorte de bande son intérieure idéale.

Proche d’une langueur et de rythmes que n’auraient pas reniés Cat Power ou Smog, la musique de Morose va bien au delà de ces influences. Le point commun est peut être le parti pris pour un minimalisme bien senti. En résumé, rien n’est de trop. Beaucoup d’instruments sont utilisés au total, même si la base musicale s’articule autour des classiques : guitare, voix, basse, batterie, claviers. On y compte aussi accordéon, glockenspiel, violoncelle, clarinette, trompette, et bien d’autres, qui donnent à chaque chanson un petit trait de couleur supplémentaire et inédit.

Le rythme est donc lent le plus souvent. Disons lent par rapport à la moyenne. Lent par rapport au reste. Une lenteur toute relative. Celle qui permet d’aller au fond, de creuser, de prendre du recul, d’inspirer à fond, d’expirer tout l’air de ses poumons. De Wind took my hair away à Protect me from my friends en passant par There’s no way to come to you, on fait face à autant de comptines et de saynètes mélodiques et douces.
Quand le coeur s’accélère et qu’on se surprend à s’emporter, c’est pour mieux soutenir et tenir le sentiment du moment (I saw you crying on the busThe lumber-room man).

Sur scène, Morose est : Davide (guitare, voix), Federico (batterie, glockenspiel), Valerio (clarinette, basse, voix) et Pier (guitare électrique), qui avancent comme un seul homme dans le même vaisseau, la même embarcation (« J’ai construit une embarcation avec les planches de mon lit, pour naviguer sur la mer qui m’éloigne de toi. Je suis ivre avec mes amis mais attends moi, j’arrive, je reviens... »).

Sur cette mer déchaînée des sentiments amoureux désabusés, Morose file son chemin sur sa petite coque de noix, évitant les écueils et bravant les tempêtes. Ils allument des petits feux comme autant de signaux de détresse, d’un désespoir voulu et accepté et de toute beauté, qui aura toujours plus de goût que les incendies sans classe des grosses productions.

Retrouvez cette chronique sur Indietronica.com.

A noter que Morose, actuellement en tournée, jouera notamment à Toulouse le 24 mars prochain, en compagnie de Yeepee.


www.ouzel.net/morose/
www.ouzel.net/
www.moroseismoroseismorose.com

chronique publiée le 21/03/2005


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