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The Great Destroyer

Low
Rough Trade / PIAS - 2005

Depuis 12 ans déjà, Low, trio de Duluth (Minnesota), est l’un des secrets les mieux gardés de nos bacs à disques. Comme pour Sebadoh, une poignée de fans dévots voue un culte sans bornes aux mélodies langoureuses et dépouillées d’Alan Sparhawk. Fin 2004, alors que son frère d’arme slow-core, Lou Barlow, nous livre un attachant mais anecdotique album solo, Sparhawk et ses compagnons de toujours Zack Sally (basse) et Mimy Parker (batterie) opèrent sur ce septième album une véritable mue sonore. La production rêche de Steve Albini a laissé place au spectorien Dave Fridmann, responsable des envolées oniriques de Mercury Rev. Fridmann a laissé de côté ses avalanches de cordes pour mieux faire sortir Low de sa délicieuse torpeur.
Sur The Great Destroyer, l’ascétisme des albums précédents laisse place à une rage sonore longtemps mise en couveuse, pour mieux exploser. Le trio brise ses chaînes magiques pour parcourir des territoires plus sauvages qu’il observait depuis son îlot mélancolique. Avec l’inaugural Monkee, le climat se fait inquiétant, une impression qui n’ira qu’en s’amplifiant. California, tout aussi glaçant, révèle presque un potentiel commercial, si jamais un programmateur radio faisait preuve de suffisamment d’inconscience. Car on ne sort pas indemne de cette BO pour lendemain d’holocauste nucléaire. Everybody’s song ou Just sand back continuent de plonger dans l’effroi celui qui ose s’y aventurer. Désespéré peut être, mais toujours élégant : The Great Destroyer est un ami que l’on n'ose approcher de trop prés.
Pourtant, entre deux déflagrations, Low reste capable d’une écriture retenue comme sur Death of salesman. Sur la fin de l’album, le climat est à l’accalmie, déroulant des morceaux plus intimistes comme Crue the strings ou When I go deaf que Sparhawk torpille à coups de guitares rageuses et envoûtantes. The Great Destroyer reste un album exigeant mais terriblement humain. Le groupe continue à creuser un sillon toujours aussi personnel. Il prouve ainsi qu’il est possible de croire à des harmonies délicates sans pour autant stagner dans une lo-fi cache misère. Si certains y voient un reniement, ils passeront à côté d’un album majestueux. Les autres n’ont plus qu’à découvrir un groupe aussi discret qu’essentiel.


www.chairkickers.com

chronique publiée le 26/03/2005


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