12/12/2018  |  5094 chroniques, 167 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2018 à 11:58:06
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Lullabies to paralyze

Queens Of The Stone Age
Interscope - 2005

Voici donc le quatrième album des QOTSA. Mais plus que ça, car l'eau trouble a coulé sous les ponts depuis le magistral Songs for the deaf. L'incontrôlable bassiste Nick Oliveri ne fait plus partie de la bande. Finis donc les brûlots punk hardcore crachés à la gueule entre 2 morceaux. Ca n'a jamais été non plus l'aspect le plus foutraque de la musique de QOTSA. Donc pas de regret.

Le groupe se recentre maintenant autour d'un noyau de trois : l'incontournable Josh Homme (guitare et chant, seul rescapé de la formation initiale), Troy Van Leeuwen (nouveau bassiste), Joey Castillo (batteur), Mark Lanegan (chant) n'étant jamais bien loin. Cet album compte des participations extérieures à savoir Billy Gibbons (ZZ Top), Brody Dalle (Distillers), Shirley Manson (Garbage), ou encore Chris Goss, un habitué des lieux.
Il ressort de l'ambiance générale de Lullabies to paralyze une sorte de fièvre sombre, douce comme un cauchemar. Ou plutôt le genre de rêve d'enfant qui tourne au cauchemar. Comme un conte de Perrault qui partirait en sucette. Et la pochette l'illustre très bien. Tout se passe dans une forêt obscure à la Sleepy Hollow, peuplée de bêtes étranges, de cochons alcooliques, de grands méchants loups, de moutons pas très nets, de couteaux et de haches.
"Il était une fois" donc, une berceuse (Lullaby) qui ouvre le bal de la forêt obscure, susurrée par M. Homme en personne. Jusqu'ici tout va bien. Après cette intro fantômatique, le gros son est de retour avec Medication dans la pure veine QOTSA. Un vrai délice pour entamer ce pique-nique en forêt.
On sent déjà que côté production, les choses ont évolué. Les guitares sont tout aussi agressives mais le son est plus brut, l'ensemble est moins produit que sur le précédent. Tangled up in plaid, le morceau suivant, nous fait retrouver le génie mélodique de Josh Homme et de sa bande, génie qu'on retrouve sans faute tout au long de cet album. Car oui, disons le tout de suite, cet album est différent mais tout aussi génial que celui d'avant (et ceux encore avant, à commencer par Rated R). Parlons de Burn the witch, le 5ème morceau, petit bijou mélodique qu'on retient avec bonheur. Echappé des Desert Sessions, on retrouve In my head dans une version plus légère. Little sister prend ensuite le relais, dans la pure tradition QOTSA entre déluge mélodique et délire psychédélique. I never came et enfin Someone's in the wolf, un morceau de plus de 7 minutes, qui n'est pas sans rappeler le The sky is falling de l'album précédent. D'un autre côté, ce morceau est emblématique du "nouveau" QOTSA et des expérimentations que le groupe entreprend avec ce nouvel album. Avant de finir en apothéose de rythmes cassés et de passages fiévreux, le morceau s'étale, prend des détours, se trompe, repart dans l'autre sens, se cogne et se relève. Ce morceau marque peut être un passage dans l'album puisque les suivants seront à son image, dans une version plus courte cependant.

Au détour des buissons, au détour des arbustes, on reconnaît sa proie, on la voit courir au loin. On s'en approche doucement pour mieux la surprendre. Et quand on pense pouvoir enfin la capturer, plus personne. On se demande même à la fin si le prédateur n'était pas la proie finalement; et inversement. Si on ne s'est pas laissé paraliser par ces douces berceuses. C'est à ce moment là peut être que le rêve tourne au cauchemar ? Trop tard ! Le virus a fait son effet et on se laisse emporter. Il ne reste alors qu'à rester caché et profiter du spectacle en tendant l'oreille pour essayer de trouver un chemin dans ce labyrinthe, et sortir du bois sans se faire dévorer. La nuit tombe déjà mais c'est comme si elle était là depuis le début. Sûrement l'obscurité des sous-bois. Finalement, on trouve une sortie et puis bientôt une route. L'heure est venue de dire "au revoir". Sur un Long slow goodbye, QOTSA remet le couvert une dernière fois pour finir en apothéose. On se sait plus trop où on campe mais ce qui est sûr c'est qu'on y reviendra, encore et encore, Like a drug.


www.qotsa.com

chronique publiée le 11/04/2005


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