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Michel

Mathieu Boogaerts
tôt Ou tard - avril 2005

On a toujours cru que le temps, chez Mathieu Boogaerts, n’existait pas. Que cette notion, si chère à nos êtres, n'avait pas d’emprise sur lui. Eternellement coincé entre deux âges, où la naïveté de l’enfance côtoyait la maturité de l’âge adulte. Un entre deux mondes où les mots candides jouaient, s’amusaient entre eux. Un entre deux temps qui voyait l’album 2000 sortir en 2002, disque où les chansons tristes (Dom) côtoyaient les plus gaies (Tu es).

Force est de constater qu’avec Michel, notre théorie du temps s’écroule. Mathieu vieillit aussi et, comme chacun, l’allégresse des jours insouciants fait place à la douce mélancolie des jours heureux. Mélancolie de ses amours passés, perdus ou oubliés, car ne croyez pas le titre de l’album, Michel est avant tout un album qui parle des femmes, de toutes les femmes. Sans complexe et avec pudeur réservée, Mathieu s’expose, expose ses amours contrariés jamais pleins ou durables. Ainsi nous voguons entre l’aventure sans lendemain (Siliguri), à l’espoir bancal (Une Bonne Nouvelle) ou le chagrin d’amour enfantin (Ami Du Bateau).

Côté arrangements, Mathieu joue la sobriété dénuée. Une guitare sèche trame toutes les chansons, parfois accompagnée d’une batterie ou d’un piano (celui du copain de toujours, Albin de la Simone), rien de plus ou de moins. Economie des moyens pour des textes percutants qui nous parlent à chaque détour. On n’attendait pas Mathieu Boogaerts sur un terrain aussi réaliste, aussi pessimiste. Certains le lui reprocheront mais plus les écoutes s’écoulent, plus l’album s’affirme comme l’un des plus touchants jamais écouté. Merci Mathieu !


www.mathieuboogaerts.com
www.totoutard.com

chronique publiée le 15/05/2005


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