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Untitled

Autechre
Warp - 2005

Chroniquer les disques d’Autechre relève autant de la gageure que de l’exploit antique !
Presque 15 ans de carrière derrière eux, une presse ultra-spécialisée unanime, des artistes respectés qui les citent souvent, une cohorte de fans sous anti-dépresseurs et une discographie coulée dans du béton armé.
Comment parler de cette musique, ou plutôt de ces sons stridents et tranchants comme des silex qui vous agressent sans relâche ?
La musique d’Autechre n’est point une partie de sinécure, car c’est surtout une expérience auditive douloureuse qui met à mal notre patience mentale ; en gros, il faut vraiment être masochiste pour endurer ce concassage de boîtes à rythmes, de sons à hautes et basses fréquences.
Même les fans de musique concrète chère à Pierre Schaeffer traînent un peu des pieds dés qu’il s’agit de s’écouter un disque entier.
Du coup, vous pouvez vous demander l’intérêt de cette chronique !
C’est simple, la musique d'Autechre s’apprécie à dose homéopathique, en piochant de façon aléatoire dans son œuvre, car c’est bien une œuvre inclassable que les musiciens ont créée. Il est de plus excessivement rare de suivre des artistes de la musique électronique « Hard-core » qui produisent avec autant de fronde et d’obsession des instrumentaux d’une incroyable complexité rythmique.
A l’écoute de ce 8ème album (déjà !), on est d’emblée surpris par le calme relatif des longues plages où le beat s’est assagi ou en tout cas simplifié, en comparaison aux rythmiques apocalyptiques des deux précédents albums (respectivement Confield et surtout Draft).
Le minimalisme des débuts est enfin retrouvé, à défaut d’une éventuelle sagesse dans les samples électroniques qui sont toujours d’une âpreté mystique.
Autechre semble avoir délibérément laissé un peu plus d’espace dans ses mille-feuilles sonores ; la respiration gagne un peu plus de volume laissant la musique se répandre avec plus de sérénité même si la claustrophobie reste omniprésente.
Certes, l’album contient quelques perles sonores paisibles comme Iera et Fermium mais les artefacts sonores singuliers du combo de Sheffield phagocytent les moindres velléités de calme plat.
De retour à une musique plus harmonieuse et plus dépouillée, Autechre rattrape ce qu’il avait égaré : la simplicité. Untitled devient par là même un remarquable outil pour aborder et débuter l’univers d’Autechre.


www.warprecords.com
www.electroshot.com/autechre/

chronique publiée le 16/05/2005


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