18/02/2020  |  5307 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 17/02/2020 à 18:04:01
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Live At Valentino's 1981

Joseph K
Rhythm Of Life - 2003

L’expérience scénique et l’enregistrement studio entretiennent un rapport janusien qui, au fil du temps et de l’amélioration des techniques, ont fait oublier aux auditeurs ô combien est indispensable cet exercice cathartique.
Le « live » : c’est la vie ; la vraie, pas celle qui est capturée en studio, formatée et souvent non-conforme aux aspirations des artistes, muselés par un producteur autoritaire ou trop visionnaire.
Josef K a toujours regretté que son premier album Sorry for Laughing (1979) soit trop propre, pas aussi rugueux que ses prestations scéniques dévastatrices, où Paul Haig (le guitariste et chanteur ) et ses trois autre acolytes restaient muets, enchaînant les sets sans « Encore », et ne signant aucun autographe.
Une attitude autiste, d’un snobisme contemporain et frondeur pour marquer une idiosyncrasie musicale et artistique d’une étanchéité à toute épreuve.
Le document sonore « live » ne trompe jamais, ou trompe rarement les sens car là, où l’œil est absent, les autres sens et notre imaginaire déploient tous leurs efforts pour ne pas se laisser obscurcir par le mythe.
L’hagiographie, malheureusement inhérente aux rééditions possède ce que la nouveauté ne possède pas ; l’histoire mais surtout la fulgurance de l’époque, où la musique n’était pas un produit du consumérisme mais un message de rébellion lancé à la face d’une Angleterre exsangue…
Les guitares de Paul Haig et de Malcom Ross sont urgentes et compulsives, comme pour se débarrasser d’une peur vitale qui mettrait en danger les magnifiques mélodies de leurs chansons, tandis que les paroles douces-amères de Paul servent de ciment à cette lave en fusion…
C’est donc tout naturellement que 2 fans ont déterré de leurs archives sonores 2 live bruts de décoffrage qui ne mentent, ni sur l’époque, ni sur la qualité de l’interprétation.
Les titres s’enchaînent sans coup férir, les guitares sont flamboyantes et pleine d’inventivité ; se faisant et se défaisant des idoles de l’époque, le Velvet Underground, Television, les Talking Heads ou encore Wire.
Paul Haig chante avec une probité exemplaire et comme si c’était son dernier concert ; dans cette salle d’Edimbourg, « Le Valentino », plutôt encline à accueillir les victimes de la Disco.
Ceux qui étaient présents ne s’en sont jamais remis.
Plus de 20 ans après, ce « Live » sonne comme l’ultime testament d’un groupe idéaliste ne se nourrissant que de fougue et d’absolu… Sorry for Laughing !


chronique publiée le 24/05/2005


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