15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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X&Y

Coldplay
Parlophone / EMI - 2005

Cher Chris,

Je sais qu’on s’est perdu de vu depuis quelques temps, mais je ne t’ai pas totalement oublié. Pour toi, tout semble bien aller. Tu as une petite fille, une femme sympa et ton nouvel album va se vendre par A 380. Mais ne t’inquiète pas, je ne t’en veux pas de passer en boucle sur MTV, d’être le groupe préféré de ma mère, de faire des disques trop bien produits. Tu me l’as toujours dit : Coldplay n’est pas un groupe indé. Tu aimes trop les jolies mélodies qui arrachent une larme à ta concierge. Vous êtes comme ça les British ; capable de chialer sur Angels de Robbie Williams. Tu as toujours été un garçon trop honnête. Tu ne caches pas tes origines bourgeoises, ton penchant pour U2 et tes convictions politiques. Je t’avoue que ça me fait de la peine de te voir traîner avec l’autre braillard de Bono ou de citer cette buse de Patrick Bruel dans les Inrocks. T’es anglais d’accord, mais parfois je comprends pourquoi mes amis ne peuvent pas t’encadrer. Je sais qu’ils ont tort. Mais je n'arrive pas à les convaincre que Parachutes est un grand album. A l’époque, tu ressentais vraiment la tristesse, tes chansons respiraient le désespoir, la mélancolie, la neurasthénie ou l’impuissance. Toutes ses émotions qu’on a appris à connaître avec les disques des Smiths. Pourquoi ne les cites-tu plus en interview ? Tu te souviens : “And you leave on your own and you go home and you want to die”. Tu n’as quand même oublié l’étudiant perdu qui écrivait des poèmes à une fille qui ne voulait pas de lui.

Je sais qu’on a pris des chemins différents. Pourtant, quand j’écoute ton troisième album, je me dis que tu écris toujours de belles mélodies. Speed of Sound est un single parfait et les Keane ou Maroon 5 peuvent toujours crever avant de s’approcher d’une telle perfection. Tu ne voudras peut être pas l’avouer mais tu écoutes encore Echo and Bunnymen en douce. D’ailleurs, tu ne peux pas t’empêcher d’écrire des morceaux larmoyants. Je ne sais pas comment tu fais pour éprouver de la tristesse avec la vie que tu mènes. Mais peut être qu’au fond, celui des deux qui a le plus changé : c’est moi. Je ne vais plus passer mon Bac avec Yellow gravé dans ma tête. Je suis devenu un peu trop intransigeant. J’ai un peu de mal à partager tes chansons avec des millions de personnes. Je pense que tu me comprends.

Un garçon croisé un soir de 2000 à Toulouse.

Ps : Je sais que tu vas faire le Live Aid. Pourrais tu à l’occasion me ramener un autographe de Paul McCartney ?


www.coldplay.com

chronique publiée le 07/06/2005


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