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Jinx

Jinx
Peace and Noise - 2004

Céline – qui avait la vanne facile – disait des romans fleuves de Marcel Proust : « Si ça vous tombe des mains, ça peut faire mal au pied ». Quel est le rapport avec un groupe de rock ? Vous ne l’avez pas reconnu ? C’est bien l’auteur des plus belles pages jamais écrites sur les madeleines en couverture de ce premier album. A part les romans longs à terminer, les cinq membres de Jinx aiment les Beatles, les Kinks, Talkings Heads ou les Smiths. Facile ? Non, juste du bon goût. En élèves appliqués, les Jinx récitent un rock anglais bien troussé. Sur les neuf titres de l’album, on revisite ses glorieux monuments avec un certain plaisir. Aucun risque de se perdre, même si un aparté ska, Feeling Lonesome, nous éloigne un instant de notre visite guidée. Les Jinx sont des garçons ordonnés, pas du genre à mélanger leur Velvet avec leurs Pixies dans la même chanson. L’intro de Marcel Proust pompe gentiment celle de Everybody’s Gonna Be Happy des Kinks, The Club rend hommage avec pas mal d’élégance aux Smiths. Quant aux paroles, elles sentent les restes d’anglais du lycée mais touchent à l’essentiel : c’est à dire les filles. I Don’t like your face sent bon la misogynie. Enfin Intellectual Girls délivre ce message si juste « I wanna live with intellectual girls, I wanna hear intellectual words, I’m so fed with material girls ». Rien à redire, même si Proust aurait préféré vivre avec des garçons manuels.


www.jinx.fr

chronique publiée le 24/06/2005


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