29/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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When the Sun's Gone Down

Langhorne Slim
Narnack Records / Cargo UK - 2005

C’est au détour d’une page internet que j’ai découvert cet artiste nommé Langhorne Slim, une vingtaine d’années et déjà si talentueux, si prometteur. Son nouvel album, intitulé When the Sun’s Gone Down, vient de paraître chez Narnack Records (ndr, distribution européenne via le label Cargo UK).
Parfois on fait des rencontres hasardeuses et tout s’enclenche. Depuis quelques années déjà, je m’intéresse aux racines des musiques que j’aime : pour ça, il faut se plonger dans des bouquins, aller chez des disquaires, au cinéma et, bien entendu, aussi sur internet. D’où viennent les genres, les influences, l’histoire, l’origine de la musique. Je suis parti à la recherche de ma passion et je ne suis arrivé qu’au dixième de mon aventure musicale. Le blues et la country résonnent chez moi, depuis quelque temps, comme un mystère, une sensation magique de découvrir des sons que je ressens comme familiers… J’arrive maintenant au cœur du propos, une musique country mêlant le blues des années 20/30, le rock et même des bribes d’airs celtiques enjoués et salvateurs comme peut le faire à merveille Shane MacGowan et ses Pogues sur l’incontournable Run, Sodomy and the Lash. La bande de musiciens, menée par leur chef, arrive à concilier tradition country, esprit destroy du rock à boire et du blues, celui qui s’immisce insidieusement dans les âmes les plus rebelles, revêches. Langhorne vous fait taper du pied dès l’ouverture par In The Midnight ; ce pied ne s’arrêtera de battre la mesure qu’à la fin du quinzième morceau intitulé explicitement I Love To Dance. When the Sun’s Gone Down ravive la flamme des bluesmen comme Blind Willie Johnson, mais on pense aussi aux contemporains comme Bob Dylan (période 60’s), à Captain Beefheart et à la voix d’écorchée de Daniel Johnston. Le banjo s’envole, les pianos partouzent, le tambourin tient le rythme, l’harmonica éclaire le disque, l’accordéon nous rappelle que nous avons aussi colonisé l’Amérique… Tous les instruments ont une place importante dans chaque chanson, chaque note garde son souffle, chaque silence est pesé, chaque envolée lyrique sont contrebalancées par des chœurs efficaces : And if it’s True. En effet, et si c’était vrai que Langhorne Slim puisse effleurer la reconnaissance de ses pairs ou l’embrasser à pleine bouche… On parle en ce moment beaucoup de Robert Crumb, dessinateur américain passionné par la musique blues des années 20 (ndr, il est musicien quand il veut, il a sorti quelques disques, dont Robert Crumb presents Hot Women Singer), celui que l’on trouve en 78 tours. Pour mieux connaître le monde de Langhorne Slim, plongez-vous dans l’univers de Mister Nostalgia, paru chez Cornélius. Vous comprendrez alors aisément où je souhaitais en venir et où amène la musique de ce type qui s’inspire du passé, pour le faire renaître moderne et glorieux. Je lui souhaite tout le bonheur du monde, les artistes honnêtes, simples se font rares, Langhorne Slim en fait partie. Une belle découverte pour cet été très chaud.


www.langhorneslim.com
www.narnackrecords.com

chronique publiée le 12/07/2005


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