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10th Avenue Freakout

Fog
Lex Records - 2005

Depuis un petit bout de temps, on s’est vite aperçu que le label Lex Records, fort de sortir des disques recommandables (Boom Bip pour ne citer que lui), se distinguait aussi par un design de pochette identifiable entre mille, avec sa typographie manuelle et ses dessins aux douces courbes.
Ce disque provoquera moult rictus pour tous les néophytes qui croyaient que les labels indépendants plutôt enclins à sortir des productions down-tempo-abstract n’étaient pas capables de sortir de leur carcan éditorial.
De même que Leaf Records, qui avait sorti sous licences Dose One et Boom Bip sur leur remarquable première collaboration-ce qui n’avait rien avoir avec la majorité de ses productions qui lorgnaient généreusement vers l’electronica et l’IDM (Intelligent Dance Music- NDR)-, Lex continue cette tradition des labels anglais à exorciser le fait que les cultures B-Boy et Hip Hop ne sont pas nées chez elle.
Ces labels pas comme les autres croient dur comme fer que la musique n’a pas de frontière et que ce sont les voyages et les rencontres qui cimentent des projets artistiques singuliers et captivants.
Le troisième album de Fog ne déroge pas à cette règle, car la cohérence de son entreprise possède autant d’atouts dans sa musette que d’arguments anti-commerciaux. Ces 13 pépites incontrôlables et audacieuses s’organisent autour des 4 points cardinaux : une rythmique down-tempo pour marquer le recueillement et le repos, des arrangements synthétiques et acoustiques pour mieux porter la voix d’Andrew Border, des paroles tranchantes sur la vacuité du quotidien et la difficulté de communiquer et la volonté de l’auteur d’emmerder tous les mondialistes de la culture.
La voix d’Andrew ressemble à s’y méprendre à celle de John Mac Crea, le chanteur de Cake, et on a l’impression d’un mélange incongru avec Prefuse 73 sur We’re Winning. La comparaison avec la musique down-tempo s’arrête là car dés 10th Avenue Freakout, Fog se transforme en combo Post-Rock-Electronica qui lorgne sans esbroufe vers le maître Robert Wyatt et vers le brillant Kieran Hebden (aka Fridge et Fourtet), à coups de piano rachitique, d’envolées de cordes et de batterie féline sur Song About A Wedding et Holy !Holy !Holy.
Sur Hummer, les paroles surréalistes sont magnifiées par une batterie réverbérée et des chœurs, sur O Telescope, You, Border se prend pour le ménestrel Nick Drake, et la voix se perd entre bruits des oiseaux et bleeps.
Les instruments à cordes prennent de l’ampleur (c’est un pléonasme) sur The Poor Fella, tandis que les notes du piano résonnent dans les méandres d’un beat bricolé.
Définitivement un disque hors normes qui récompensera tous les curieux d’une musique insaisissable et salvatrice.


www.lexrecords.com

chronique publiée le 30/08/2005


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