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Le Garazi Philantropik(e) Orkestra

Le Garazi Philantropik(e) Orkestra
Agorila Records - 2004

Chaque année, au festival Jazz à Luz, notre cœur balance, s’extasie, s’affole pour un groupe inconnu. L'an passé, nous rugissions de plaisir à l’écoute du Tigre des Platanes, cette année c’est sur le Garazi Philantropik(e) Orkestra que notre cœur a jeté son dévolu. D’origine basque, le Garazi est un orchestre protéiforme et atypique capable en un instant de faire basculer le Boléro de Ravel dans son enfance ou de faire chavirer le classique Besame Mucho sous une avalanche de rythmes tonitruants.

Comme son confrère catalan, le Garazi a un goût prononcé pour les reprises de thèmes populaires chantés ou non ainsi que pour les reprises de musiques de films. Cependant si l’on peut faire un parallèle dans l’esprit entre Pascal Comelade et le Garazi, la forme, elle, diffère du tout au tout. Quand l’un joue sur la simplicité des œuvres, sur leur dépouillement, l’autre, au contraire, joue sur l’excès et l’extravagance des arrangements. La reprise de Besame Mucho, titre lent et langoureux, se transforme ainsi en un vibrant cri du cœur sous la conjugaison combinée de la voix de Benat Achiary et du saxophone de David Doren, tous deux poussés, ici, vers un extrême fort jubilatoire. Le disque est divisé en deux parties distinctes. La première s’attache plus aux reprises populaires, de préférence chantées, qu'elles soient française (Trois Petites Notes De Musiques), espagnole (Maria Morena) ou argentine (Como Espuma) ; et toujours dans un esprit excentrique, avec pour fil conducteur l’accordéon sous toutes ses formes et ses sonorités. La deuxième partie du disque, intitulée Suite Foraine, fait la part belle aux reprises de musiques de films et plus spécialement aux reprises de Nino Rota (Le Parrain). Renforçant le goût du compositeur italien pour le cirque et la dramaturgie, le Garazi explore une facette plus jazz, plus free que sur la première partie. Les instruments à vents sont ainsi plus mis en avant, transformant peu à peu l’orchestre en immense fanfare enjouée. La reprise de 8 ½ est à ce titre une vrai petite merveille qui n’aurait sans doute pas déplu à l’esprit démiurge Federico Fellini.

Plus qu’un simple orchestre de reprises, le Garazi Philantropik(e) Orkestra est un tourbillon musical transcendant ses modèles, inclassable tant dans sa forme que dans l’esprit. Vivement les prochains mois et la sortie du second album, que l’on prédit d’ores et déjà comme encore plus spectaculaire et original que le premier.


www.legarazi.com
www.temposi.com/Achiary/

chronique publiée le 31/08/2005


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