07/12/2019  |  5277 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 06/12/2019 à 11:40:08
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...and don't the kids just love it

Television Personalities
Fire record - 2002

En 1980, entre fin du punk et prémisse de la new wave, un garçon de 21 ans croit encore à une pop précieuse, plus proche de la pochade pré pubère que du manifeste existentialiste. Dan Treacy à la tête de ses TVP est l’un de ces génies dont tout le monde se fout ; ce qui ne le rend que plus indispensable. Treacy est ce cousin anglais que Jonathan Richman n’a jamais eu : un troubadour scrutant le monde depuis sa fenêtre, un garçon trop fragile et subtil pour la débauche punk du moment. Il fonde TVP en 1978 avec trois autres art school boys, leur premier single 14th floor est remarqué par Geoff Travis qui les embarque sur Rough Trade.
La suite : c’est … and don’t the kids just love it, une petite gâterie pop où le génial croise le sublime. Un album concept sur la pop culture, véritable obsession de Treacy, qui sert de pont imaginaire entre le village des Kinks et la cuisine des Buzzcocks. Dans ces délicates ritournelles, Dorian Gray (a picture of Dorian Gray) croise un personnage de dessin animé (Jackanory Stories), une certaine Pauline Lewis recherche la cabane enchantée où se terre Syd Barrett (i know where Syd Barrett lives). Ici on se prend pour Richard Burton dans Look back in anger et on s’encanaille avec les filles des beaux quartiers (Parties in Chelsea). Dans cette odyssée de la glande urbaine, Treacy imagine un monde bloqué sur 1966. Farouchement pop alors que la période demande noirceur et déconstruction, les TVP font cohabiter références littéraires et petites amies imaginaires.
Seul une poignée de fidèles a traversé la Tamise avec ces prophètes de l’indé. Personne – à l’exception de Kurt Cobain – n’a cité cette petite frappe de Dan Treacy. Pourtant avec ses guitares gentiment énervées, ces hymnes pour chambres d’adolescents et son humour pas toujours compris, il mérite une place en première au panthéon des grands incompris du rock. La suite de sa carrière sera une suite de petits chefs d’œuvres ignorés, dont le même pas ironique They could have been bigger than the Beatles. L’excellent label de Glasgow Fire a réédité ses albums en 2002.
Dernièrement sur son blog, Treacy a indiqué avoir signé chez Domino… mais il ignorait s’il s’agissait du label ou des pizzas à domicile.


chronique publiée le 06/09/2005


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