13/12/2019  |  5280 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2019 à 13:47:36
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Road to Rouen

Supergrass
Capitol - août 2005

On se souvient toujours des premières fois : premier rapport sexuel, première bière, premier clope, premier baiser, première dispute, premier 45 tours acheté, premier rateau et premier joint... Je me souviens aussi très bien de la première fois où j'ai croisé le chemin de Supergrass :Gaz Coombes, Mick Quinn et Danny Goffey, même pas 60 ans, alors, à eux trois. C'était en 1994, Caught by the fuzz montait en puissance. Morceau punk/pop composé à l'époque par des gamins, qui en laissa plus d'un bouché bée ! Le premier album sortait quelques mois plus tard ; I Should Coco fut multiplatiné, multi-récompensé... même en France on entendait le single Alright partout, sur toutes les ondes... C'était l'ivresse de la jeunesse, la fraîcheur spontanée. Puis, l'heure du deuxième album sonne, In It For The Money ouvre de nouvelles portes, les singles Richard III ou Sun hits the sky montrent une écriture de plus en plus efficace et audacieuse. L'album Supergrass offre les meilleurs titres du trio (sur scène ils sont pourtant toujours quatre), Mary, Pumpin' on your stereo ou Moving sont des hymnes devenus universels, proportionnellement au nombre de fans. Et parfois c'est la rupture, on ne comprend pas trop les changements de son compagnon de longue date, Life On Other Planets, défrîche un univers inconnu, expérimentations instrumentales ; même si l'album est bien, aucun titre ne se détache réellement. Un best of sort en 2004, Supergrass is Ten, histoire de clôturer une décennie bien remplie, de tourner une page, de se ressourcer en Normandie, de construire son studio et d'inclure officiellement le quatrième homme de l'ombre, Rob Coombes, éternel garçon au chapeau trop grand, recroquevillé derrière son clavier.

Revoilà Supergrass, en grande forme créatrice avec Road to Rouen, la jeunesse est révolue, c'est l'heure de se poser l'espace d'un disque électro-acoustique calme, introspectif et audacieux. Dès le grandiose Tales of endurance (parts 4, 5 & 6), on sait que les années 70 ont marqué les garçons, surtout la période Glam de T-Rex, Kick in the teeth ou Road to Rouen. Mais il y a aussi des beaux hommages, comme sur Sad Girl où les Beatles planent dignement, puis sur le neuvième et dernier morceau sobrement intitulé Fin, je repense à John Lennon et à son Jealous Guy magique. Coffee in the pot est le cinquième titre, un OVNI inattendu où quand vous entendez le refrain, un genre de "Hey" (unique parole), résonner sur une rythmique légère, vous esquissez un sourire de bonheur... Vous retrouvez vos Supergrass d'antan et vous vous dîtes que ces gars là... ils sont bien barrés et partis pour durer longtemps. C'est tout ce que je leur souhaite.


www.roadtorouen.com
www.supergrass.com

chronique publiée le 06/09/2005


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire