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Homosapien

Pete Shelley
Sensei (rééd. Grapevine - 1994) - 1981

« Homo Superior in my Interior… » : c’est sur ce refrain que débute le single Homosapien, qui a fait sauter en l’air un nombre incalculable de punks spleeneux.
Rappel des faits : à 18 ans, Pete Shelley monte son premier vrai groupe, The Jets Of Air, contenant déjà Garth à la basse –premier noyau historique des Buzzcocks en devenir et avant sa déchéance dans la dope fin 1980, signe avant-coureur de la fin du groupe- et malgré sa créativité débordante, il saborde ce groupe mort-né pour se lancer dans une écriture solitaire inspiré par Metal Machine de Lou Reed, son adoration des Beatles, de Marc Bolan, des ténors du Krautrock (Can, Faust) et des avant-gardistes de la musique électronique, Eno, Kraftwerk.
A la Bolton Institute Of Technology, courant 75-76, il rencontre Howard Devoto, son alter-ego spirituel ; à la suite d’un concert mythique des Sex Pistols à Londres, ils fondent les Buzzcocks et s’arrangent pour passer en première partie de leur gig au Free Trade Hall de Manchester. Un concert mythique, où le creuset de la seconde vague punk alors en gestation, de Morrissey à Joy Division (en devenir) jusqu’à Linder Ludus, se fera l’écho, comme de leur premier disque auto-produit (de toute l’histoire de la musique Rock anglaise - ndr), le Spiral Scratch, éructé par Howard Devoto, Pete et les autres (Garth et John à la batterie) et le magicien des studio d’enregistrement, Martin Hannett.
Après le départ prématuré, mais prévisible d’Howard (qui formera avec Dave Formula le groupe Magazine), Pete prend les choses en main tant au niveau de l’écriture que de la carrière des Buzzcocks.
Fort de trois albums séminaux (Another Music In a Different Kitchen, Love Bites et A Different Kind Of Tension), d’inlassables tournées aux States (ils ont signés sur United Artists…), Pete Shelley quitte une nouvelle fois le navire pour troquer son Punk Rock adolescent pour une pop idéaliste et épurée (il faut voire la pochette du disque pour y croire…).
Cet album constitue un virage essentiel dans l’évolution de la musique Rock, car grâce peut-être au séquenceur Roland CM 8 de Martin Rushent, à sa production précise, concise (on sent les sonorités de synthé en fermentation de Human League qui donneront toutes leurs saveurs sur Dare quelques mois plus tard…) et à la merveilleuse écriture de Pete Shelley ; Homosapien se profile comme le fils putatif du Inspiration Information de Shuggie Otis.
De la mélancolie ravageuse de Yesterday’s Not Here au proto-disco Maxine, cet album est un véritable florilège de perles pop douces-amères, où l’électronique se fait pittoresque, innovatrice et sans esbroufe.
Un disque essentiel et toujours d’actualité.


www.buzzcocks.com/_peteshelley/peteshelley.html

chronique publiée le 28/09/2005


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