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Lords have mercy

The Lords Of Altamont
Fargo Records / Naïve - 31 octobre 2005

La nouvelle signature de Fargo Records, The Lords Of Altamont, arrive directement des Etats-Unis, ce qui n’est pas très surprenant venant d'un label ayant également à son catalogue Great Lake Swimmers, Andrew Bird ou encore Neal Casal… C’est le style musical de prédilection de ces déjà fameux Lords qui l’est plus, surprenant ; les cinq musiciens aux mines patibulaires pratiquent en effet avec fierté un garage punk stoner méchamment violent, ce qui tranche avec les autres artistes du label, majoritairement estampillés country, folk, blues ou pop. Ces genres musicaux dits « calmes » doivent bien faire rire les Lords of Altamont ! Car ces cinq bikers fascinés par la mythologie rock stonienne s’appliquent à jouer très fort leurs morceaux lardés de guitares en furie, de cris terrifiants, de rythmiques en plomb et de Farfisa aussi psychédélique que vrillant.

Ne jamais écouter leur deuxième album - Lords have mercy - au réveil après avoir bu plus que de raison la veille : vos tempes risqueraient d’exploser sous les coups de boutoir de brutes épaisses répondant aux noms évocateurs de Jake "Preacher" Cavaliere (voix, orgue Farfisa), Spencer "The Dealer" Robinson (basse), Dave James aka "Sir Lord Baltimore" (guitare, chant), Shawn "Sonic" Medina (guitare) et Thom Sullivan aka "Baron Von Ludwig" (batterie). Autant le dire tout de suite, si Marlon Brando, en cuir sur sa moto dans The Wild One, et Peter Fonda, les cheveux au vent sur son terrible engin à deux roues dans Easy Rider, nous ont marqué, on ne partage pas du tout la fascination de ce gang de voyous aux noms improbables pour Altamont. Il suffit en effet de regarder une fois le documentaire sur le tragique concert gratuit des Rolling Stones à Altamont fin 1969 - Gimme Shelter - pour comprendre que tout aurait pu bien se passer (sans violence incessante, sans mort) si les Hell’s Angels de sinistre mémoire n’avaient pas assuré le « service d’ordre » à grands coups de poings et de couteaux. Cela étant dit, la musique de bikers, si elle a ses limites, comporte quelques belles réussites dont nos Lords se sont allégrement inspirés : l’hymne joliment crétin, Born to be wild de Steppenwolf, Smoke on the water de Deep Purple, Ezy Rider de Jimi Hendrix… Mais les Lords of Altamont ne composent pas uniquement pour les motards un peu gras ; ils ont pris soin d'épicer leur univers apocalyptique avec de délicieuses références garage (The Sonics), psychobilly (The Cramps) et punk (Stooges, Sex Pistols). Cela donne un peu de légèreté à la plupart de leurs titres.

Pour résumer, The Lords Of Altamont est une sorte de Black Rebel Motorcycle Club qui n’aurait pas écouté The Jesus and Mary Chain, mais plutôt Deep Purple, un genre de Warlocks qui ne seraient pas restés bloqués sur le Velvet Underground, mais sur le MC5, voire des Queens Of The Stone Age refusant de mettre un soupçon de pop dans leur rock métallique. Attention, si vous avez le malheur de l’insérer dans votre auto radio (ou moto radio), cet album constellé de tubes hystériques risque fort de vous inciter à rouler pleins gaz sur l’autoroute de l’enfer.

A lire également sur Foutraque.com : une chronique de Bagnoles, dragsters, autoroutes de l'enfer, le numéro 2 de la très bonne revue Minimum Rock 'n' roll

Sites Internet : www.fargorecords.com, www.lordsofaltamont.com, www.fargostore.com (les 11 titres de l'album sont en écoute).


chronique publiée le 22/10/2005


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