14/12/2019  |  5280 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2019 à 13:47:36
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Train (EP)

Foxglove
autoproduit - 2005

Il y aurait plusieurs significations à ce nom peu usité de nos jours.
La première : Il s’agit d’une fleur toxique, souvent pourpre, qui donne la nausée, des vomissements et accélère dangereusement le rythme cardiaque. On s’en sert aussi pour fabriquer quelques drogues célèbres.
La deuxième : C’est un site internet du nom de DigitalisIndustries.com qui distribue des artistes compilés sur des CD-R édités à une centaine d’exemplaires.
La troisième : C’est un jeune trio français dans la mouvance d’un nouveau rock accrocheur aux influences flagrantes mais qui fait bondir n’importe quel branquignol passant devant un pub qui diffuse ce premier EP bluffant !

Tout commence par Something wrong, un croisement entre les Strokes et The Libertines, emballant, le riff du refrain est efficace. Ca ne peut pas être vrai, un groupe français ? Oui, oui, mais on tient le bon bout, la France ce décomplexe avec l’anglais et son influence musicale d’Outre-Manche ou Atlantique. Paris, le centre du monde, qui enfante les Parisians (pétard mouillé aux égaux surdimensionnés et parrainés par les feu-Libertines), Second Sex et Naast, enfants gâtés, pourris, qui n’ont de réussite que de venir de bonne famille pouvant leur offrir une panoplie de rocker à Noël... parce que c’est bien de faire du rock depuis 2001 ! C’est un peu leur Star Academy à eux, bref, heureusement il y a des groupes qui semblent plus honnêtes dans leur démarche entre Eldia, Gülcher, British Hawaii, Neïmo et j’en passe volontairement.

Revenons à Foxglove, et le deuxième titre, At the station late at night : musicalement ça retient l’attention, c’est calme, une voix plaintive avec la gorge serrée quand sortent les mots « and I’ll try, I’ll try to see the light ». Si seulement la production et les arrangements avaient pu être à la hauteur, mais ça fonctionne tout de même très bien. Reviennent ensuite les décibels sur Loser’s life, sa ligne de guitare entêtante et ce mur du son à la manière des premières productions de My Bloody Valentine. Et puis toute la journée ce gimmick, « Papapadapa », qui vous trotte dans la tête.

Maintenant on arrive au cœur de la tempête, « Sonic Foxglove Youth » nous emmène au centre de ses préoccupations, celles qui agacent ses musiciens semble-t-il ; Hype et ce couplet assassin : « You think you're sexy, you're just a yuppie, you think you're the sexiest », la basse n’est pas tenue par Kim Gordon, et pourtant… on pourrait croire à des rushes de studio oubliés par Thurston Moore and co !

Le ciel gris réapparaît, les larmes aussi, le très touchant Everyone is anyone écoule sa mélodie entre accalmie et furie : « The situation is desperate, the housekeeper is dead, but who cares ? ». Belle échappée en solo, ce titre me touche, allez savoir pour quelle raison. Et puis, arrive la fin ; le bien nommé Time to leave déverse sa nostalgie, sa tristesse et la faucheuse n’est jamais bien loin.

Que reste-t-il au final ? Un goût de revenez-y, même si les influences sont parfois étouffantes... Ces jeunes, s’ils continuent dans la musique et s’ils essayent de s’éloigner de leurs pairs, peuvent, à coup sûr, devenir encore plus étonnants, encore plus jouissifs. A suivre de prêt, sans les gants.


www.myspace.com/foxgloveparis
www.foxglove.fr.st

chronique publiée le 15/12/2005


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