07/12/2019  |  5277 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 06/12/2019 à 11:40:08
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Face-b

Face-b
autoproduit - 2005

Ne pas faire de faux-semblants : je n’ai pas aimé ce disque, mais cela dit je n’ai pas que des bons goûts. Si je tiens à parler du deuxième maxi de Face-b, c’est que le rock distillé par ce trio toulousain devrait plaire à d’autres. Par ailleurs, leurs efforts scéniques (et notamment sur les festivals régionaux) méritent d’être soulignés. Ces cinq chansons n’en sont pas moins intéressantes, même si Face-b se retrouve, comme tant d’autres groupes alternatifs français, à roder au néon sur les shows de Noir Désir. Mais contrairement à d’autres, Face-b ne se laisse pas aller au plagiat.

On a l’impression, en France, pour les musiciens comme pour le public, que le rock démarre en général à partir de 1998. Le pays est champion du Monde en foot, la brit-pop s’écroule et le compte en banque de Louise Attaque ne cesse de grossir. Certes, les musiciens ont appris par cœur les morceaux de Nirvana, Radiohead ou des Red Hot durant leur apprentissage de la guitare mais ce qui se passe outre-Atlantique ou outre-Manche s’arrête là ! L’association d’Emma avec Eskobar, l’émission Mon voisin est un rocker, ou les ventes massives de Converse n’arriveront pas à donner du poids à une génération rock française qui ne s’exporte pas. Que l'on ne soit pas choqué, dès lors, de se voir caricaturés dans des films américains contemporains, comme écoutant encore de la musique des années 20 !
Cependant, ce n’est pas la faute de la langue à Voltaire. Sometimes Good Bands sing French. Des groupes tels EXPERIENCE, Mendelson, Hyperclean, Philippe Katerine, et tant d’autres me touchent et s’en sortent bien.

Aujourd’hui, le vent tourne. Depuis 2000, la mode est au rock 60’s. Demain, il en sera de même pour le hard-rock. Parler des Kinks revient à être cool. Les Franz Ferdinand passent en boucle sur les radios. Les groupes britanniques reviennent à des origines primaires. La spontanéité et la simplicité remplacent l’orgueil et la volonté d’en mettre toujours trop ! On se débarrasse d’effets de mauvais goût dont leur présence revient au fait qu’un idée post-moderne tendait à renouveler le genre seulement en transformant des sons sans en changer la façon de l’exprimer. Pour autant la réaction française est lente.

Même si il n’expriment pas encore de renouveau, les Face-b s’en sortent plutôt bien. Les ayant vus au récent festival Combines à Sons à Toulouse, je n’ai pas été déçu de leur comportement sur scène, posé et fort énergique un début d’après-midi ! La synergie entre Matthieu, Aurélien et Mathieu n’efface pas leurs personnalités. Dès la première chanson, Blanche, le timbre de voix et la prononciation me gêneront, trop proches peut-être de monsieur -M-. Mon écoute sera alors perturbée par le chant. A la 48ème seconde de Faux-Semblants, je me dis que leurs compositions méritent d’être qualifiées. On remarquera aussi des points intelligents dans les ponts. Par le lot d’idées fraîches et leur rock propre et précis, les Face-b dégagent une image. A la poésie des textes et les savoureux arrangements il manquerait simplement des accrochages à ce qui s’est fait avant eux. Leur ouverture d’esprit et leur travail avec Progres-Son leur permettront à l’avenir de trouver d’autres influences qui les feront certainement évoluer.


www.face-b.fr.st
www.progres-son.com

chronique publiée le 19/12/2005


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