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Keep Breathing

The Durutti Column
Artful / Fullfill - 2006

Un nouvel album de Vini Reilly est toujours un événement, car il couronne la carrière exemplaire d’un punk de la première heure pas comme les autres qui galère comme un débutant à chacun de ses disques... Dix-sept albums à son actif, avec une grosse baisse de régime vers la fin des années 90, mais toujours un toucher de guitare intact, malgré le poids de l’âge.
L’album commence très fort par Nina et des riffs de guitares agressifs, voir Rock (comme à l’époque de son groupe punk The Nosebleeds circa 1976-1978 !), entrelacés par des effets de « Delay » chers à notre Vini, un down-tempo aux accents exotiques (congas), sa voix nonchalante et une mélodie aérienne.
Sur Maggie, on retrouve la guitare fragile de The Durutti Column délestée de ses oripaux et accompagnée par une voix féminine dont la mélodie vocale est la copie conforme de Martin Bates sur She Moves Thru The Fair, sur l’album d’Eyeless In Gaza de 1986, Back From The Rains.
Pour la première fois, on peut entendre une « Slide » guitar qui se fraie un chemin dans le bayou d’une autre guitare acoustique à la Nick Drake sur le magique Big Hole. Vini Reilly n’est pas en reste d’inspiration puisqu’on le surprend à composer une ballade à la Beatles sur le très mélancolique Let Me Tell You Something.
Cet album charrie toujours autant d’influences diverses et variées (voix féminines chantées, parfois scandées avec un flow etc…), mais l’album ne souffre en aucun cas des lourdeurs esthétiques qui lui faisaient défaut sur les albums Fidelity (1996) ou Rebellion (2001).
Lunch et son accent andalou nous rappelle ô combien Vini a toujours apprécié la guitare flamenco, ses accords sensuels et ses rythmes félins comme à l’époque de The Guitar and Other Machines (1987).
Gun et Tuesday, toujours accompagnés par une guitare acoustique et la voix du Mancunien pleine de fêlures, poursuivent cet ouvrage où nos émotions sont malmenées à chaque instant.
Avec sa guitare comme unique viatique, Vini chante et joue comme s’il n’avait jamais eu le choix, comme si sa vie pouvait basculer à tout moment… Son meilleur album depuis des lustres.


www.thedurutticolumn.com
www.fullfill.co.uk

chronique publiée le 28/02/2006


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