20/03/2019  |  5149 chroniques, 168 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/03/2019 à 19:33:03
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Lunatico

Gotan Project
Ya Basta! - avril 2006

Quand on parle de tango, on se heurte irrémédiablement à deux visions : celle des novateurs cherchant sans cesse une nouvelle voie, un nouveau courant à insuffler et celle des puristes ou conservateurs pour qui le tango est et restera un musique de gauchos, entre chants plaintifs, guitares cristallines et bandonéons. Diptyque antagoniste qui a plongé pendant de nombreuses années le tango dans un écrin un brin trop soyeux. A l’image d’Astor Piazzolla, le groupe Gotan Project a voulu dépoussiérer ce courant musical en le confrontant à l’électro et même au hip-hop. Après un premier album au succès mondial, le groupe revient avec son second album, Lunatico.

Si La Revencha Del Tango était un disque distrayant et plaisant, il n’en demeurait pas moins qu’il était assez loin de l’esprit originel du tango. D’ailleurs, plusieurs chansons de l’album furent reprises par la publicité, preuve d’une certaine facilité d’écoute que beaucoup n’hésitèrent pas à exploiter par la suite en sortant maint compilations estampillées électro-tango-lounge. Un abus marketing qui ne doit pas gâcher l’écoute du deuxième album du groupe : plus composé et moins porté sur les machines, Lunatico s’avère bien meilleur que son prédécesseur. On sent véritablement que le groupe a pris soin de ses compositions plus proches de la tradition. Amor Porteno, chanson d’ouverture, résume bien cette évolution mélangeant parfaitement touches électro très légères, bandonéon, guitare, piano et la merveilleuse voix de Christina Villalonga.

Malgré quelques brillantes chansons (Domingo, Celos), le son de Gotan Project manque toutefois de ce supplément d’âme qui fait toute la différence. Trop produit, son trop lisse, ces défauts s’avèrent particulièrement flagrants sur les morceaux à dominante électro comme Arabal ou La Viguela, aux vocoders particulièrement déplacés. Cette sensibilité nous ne la retrouvons qu’une fois au cours de l’album, sur le magnifique Paris, Texas. Clin d’œil au film de Wim Wenders, ce dernier morceau de Lunatico est un vrai bijou croisant avec brio tango, douce mélancolie et ambiance cinématographique. Une ouverture musicale que l’on aimerait bien retrouver sur le troisième album du groupe. Patience, patience…


www.gotanproject.com

chronique publiée le 09/04/2006


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