22/08/2019  |  5225 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/08/2019 à 15:09:00
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Funambul

Frigo
Big Trip / Productions Spéciales - avril 2006

Les frères Balquier, Max (chant, guitare, sampleur), Yannick (basse, clavier) et leur camarade Brendan Costaire (batterie, pads) reviennent aux affaires musicales avec un premier album, Funambul, qui sort enfin Frigo du placard.

Un retour en arrière est probablement nécessaire : après deux EP autoproduits, Hot songs (2001) et  XYZ (avril 2002), le trio, fort d’une reconnaissance du réseau Férarock, rencontre Rodolphe Burger. Il signe Frigo sur Dernière Bande et sort un mini-album intitulé Teleportation en octobre 2003. La presse et le public qui suivent la scène indépendante française ne s’y trompent pas, la sortie est grandement saluée et les chroniques sont élogieuses. La crise du disque empêche Frigo de trouver un label et de sortir son album en 2005. Quelques mois plus tard, Frigo avance enfin sur le fil du succès : Funambul est maintenant disponible dans toute la France. L’album, mixé par Mario Thaler (The Notwist, Lali Puna, OMR…), reflète à merveille le caractère de Frigo. Le trio n’hésite pas, il ose l’alchimie des genres et le rock drague l’électronique, le post-rock embrasse la pop.

Dès le titre d’ouverture, Pictures of melancholy, on se laisse bercer par la mélodie lancinante et la voix reste un fil conducteur agréable et rassurant. Draft et Lost in time s’enchaînent à merveille, un spleen idéal plane sur ce disque. Comme dans un environnement confiné, on se laisse prendre par le caractère singulier des compositions. Arrive maintenant le trio Comportment notice, Westcoast voices et l’excellent Mentronic. Sur ce dernier titre, la voix se détache, elle ose monter en puissance et en aigus, chose que l’on n’aurait jamais osé penser. Les cordes hurlent, se révoltent et me laissent abasourdi. Frigo se forge une identité propre avec Pop corn cinema, avec toujours cette voix excentrique et rageuse. Les différents climats des compositions font voyager l'auditeur à travers mille tableaux différents, on peut penser au film magnifique d'Akira Kurozawa, Rêves. Sweetheart laisse la place à Troy Von Balthazar (chanteur de Chokebore), mélancolique à souhait, juste ce qu’il faut pour laisser pointer une larme qui s’empêche de couler et rouler sur la joue.

Borderline et Deadly summer trip closent un album palpitant, jamais ennuyeux, toujours entre fraîcheur électronique et chaleur envoûtante. Les guitares brûlent, les rythmes binaires s’envolent, Funambul est une belle réussite et le trio confirmera sa forme du moment lors de concerts dans toute la France.


www.frigo-music.com
www.myspace.com/frigotheband

chronique publiée le 15/04/2006


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire