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Malval

Shora
Conspiracy Records - 2005

Depuis quelques temps, le label belge Conspiracy Records semble prendre un malin plaisir à dénicher d’excellents groupes suisses (Knut, Monno, et Shora donc). Le plus amusant, c’est que le présent album (comme celui de Monno) a reçu une aide financière du département des affaires culturelles de Genève (dans le cas de Monno, c’est la ville de Lausanne). Étonnant de la part d’un pays que l’on imagine assez conservateur (ah, les clichés !…).

Petit retour en arrière : Shora était dans le temps (ah, ah !… il n’y a pas si longtemps !) un groupe de hardcore, mais qui semblait déjà vouloir sortir de ce cadre trop rigide. Eh oui, ils avaient déjà sorti un excellent split avec Merzbow. Alors on était en droit d’attendre quelque chose de surprenant avec cet album (ou gros mini, comme vous voudrez)… Surprenant, il l’est, en effet. Shora (est-ce bien le même groupe, me suis-je demandé) a viré post rock. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Surtout qu’il s’agit d’un post rock très riche, tant en terme de couleurs (prise de son, arrangements, sonorités) qu’en terme d’influences. Des influences diffuses qui passent par le progressif, le psychédélique, l’ambient… On retrouve souvent une touche seventies (un exemple ? Orgue Hammond. Vous voyez ce que je veux dire ?). Shora joue la carte du motif obsessionnel, lancinant. Et le point d’orgue (plus seulement Hammond) de Malval est pour moi Klarheit, seul morceau qui déroge d’ailleurs à la règle du tout instrumental (avec quelques voix féminines).

De très bons ingrédients cuisinés par de bons musiciens. Cet album pourrait être excellent. Mais voilà, il me paraît passer à côté de l’essentiel. S’il est assez pesant, lourd, il respecte trop les temps. Tout tourne trop rond, sans cette petite de touche de retard qui rend les temps forts particulièrement forts. Dit autrement : ça manque de folie, et on a beau chercher, au fil des écoutes on ne retrouve jamais ce qui était paradoxalement la qualité première de leur précédents enregistrements. Ça sonne donc un peu trop comme la rédemption de mauvais garçons (qui voudraient montrer au monde entier qu’ils sont devenus de vrais musiciens, doux de surcroît). Je suis peut-être un peu dur. Mais il n’y a qu’avec les grands groupes que l’on peut l’être. Car ce disque est tout de même loin d’être mauvais, et se réécoute avec plaisir.


www.shora.com
www.conspiracyrecords.com

chronique publiée le 19/04/2006


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