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Three

Phantom/Ghost
Lado / La Baleine - juin 2006

Thies Mynther et Dirk von Lowtzow forment Phantom/Ghost en 1998. L’heure du troisième album est déjà arrivée, le sobrement nommé Three est maintenant près de chez vous. Sur Tannis root, tout commence par un crépitement de feu dans une cheminée. La voix, d’une gravité complaisante, suit quelques accords de guitare diffusés avec parcimonie. Des samples se font alors entendre dans la pièce : des corbeaux croassent, des cigales chantent, des chœurs d’enfants répètent inlassablement les paroles du maître des lieux. On nous dit même que nous pourrions attraper les étoiles. Puis soudain, la voix, limite lugubre, laisse place à une voix cristalline, rassurante. Comme une princesse, elle s’installe près de nous et les rythmes se font plus palpitants jusqu’à la mesure finale.

Une vieille locomotive passe dans la pièce, c’est l’heure d’écouter Relax it’s only a ghost, l’une de mes chansons préférées de ce disque imaginaire. Je viens de comprendre une chose au sujet de ce groupe sorti de nulle part : le duo aime écrire des chansons qui mêlent les genres et où le rêve rencontre la poésie. Je compare parfois ce disque au superbe Your Blues de Destroyer pour ses arrangements subtils et l’hommage à la pop music dans tous ses états.

Là, le piano est plus présent sur Where more gifted people cracked, c’est beau. Et puis, Phantom/Ghost, c’est un vibrant hommage à notre chère vieille Europe, aux contes d’antan, aux histoires magiques et terrifiantes. Les beats s’affolent subtilement dès que Clouds hill assombrit le paysage. En fait, c’est comme si vous regardiez Le bal des vampires de Polanski, un verre de Château Pétrus 1976 à la main, tout en vous délectant délicatement d’un plaisir défendu et gardé dans votre famille depuis une éternité. Voilà, ce disque est cet objet, jamais ennuyeux, toujours beau comme Dorian Gray, toujours intriguant, ce plaisir ne vaut que s’il est partagé par peu de personnes.

Cet album n'a en effet de valeur que s’il est écouté en petit comité pour éviter trop de bruits, trop de désordre. Il se dévoilera alors dans toute sa splendeur et sa contemplation. Three devrait en étonner plus d’un, moi le premier et ce, jusqu’à la toute dernière note de Willow. Bela Lugosi n’est donc pas mort !


www.phantom-ghost.com
www.lado.de

chronique publiée le 24/06/2006


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