29/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Endless work in progress

16PAC
autoproduit - 2006

Que cet album est beau ! Les 16PAC, nés en 2001 de la rencontre d’Emma Delaval et François Puech, ont étoffé leur rock (et folk) de sonorités électro. Après une maquette huit titres ayant reçu un excellent accueil de la part de la presse, les Parisiens ont encore diversifié leur horizons musicaux. Ainsi, on peut trouver sur ce superbe album des plages électro-folk ou électro-rock, ou encore post-rock, etc… Et ces styles, ici, cohabitent sans problème et sans nuire le moins du monde à la cohérence du disque ; au contraire, on remarque une grande complémentarité entre les morceaux qui s’enchaînent sans faiblir et plongent l’auditeur dans une atmosphère la plupart du temps ouatée et rêveuse de toute beauté. Quelques sursauts plus « rock » viennent troubler de jolie façon ce climat à la fois mélancolique et apaisant, comme sur Inside, par exemple, qui rappelle Mazzy Star dans les sonorités de guitares et même dans les vocaux. Partout ailleurs, on trouve des morceaux qui allient à merveille allégresse mélodique et spleen affirmé. 16PAC ne choisit pas, opte finalement pour les deux et c’est quelque part ce qui fait la force de ce disque. Ghost world qui ouvre les débats illustre bien cette option et mêle superbement guitares acoustiques et trame électro, sur une voix envoûtante, puis le sombre If we are free, assez trip-hop et doté de petits bruitages de fond très efficaces, des guitares nerveuses venant relever l’ensemble, prouve l’habileté d’Emma et François (ici aidés, il faut le souligner, par Vincent Soleil à la basse) à faire se télescoper des sonorités issues d’univers musicaux différents. Leurs morceaux sont d’ailleurs un peu à l’image de la vie de tout un chacun, à la croisée de la mélancolie et d’un espoir teinté de désabus, ce qui fait qu’on s’identifie assez facilement, quelque part, à ces morceaux attachants et envoûtants. Getting better qui suit ces deux pépites confirme, juxtaposant voix presque enjouée et trame sonore obscure, et proposant une légère envolée dans le rythme, fort bienvenue, sur laquelle viennent se greffer de très belles guitares acoustiques. Cette ambiance incertaine revient dès l’intro de Mad clown et se pose en parfait contrepoint de la voix porteuse, comme je l’ai dit plus haut, d’une touche plus enjouée, et l’alchimie qui en résulte est tout simplement captivante, à l’image de ce que peuvent instaurer, en termes de climats, des artistes comme Björk ou Portishead. Mais il est à noter que les morceaux audibles ici ne sont dus qu’au talent du trio, et restent très personnels malgré l’évidence des influences sur certaines plages. The alarm qui arrive à mi-chemin de l’album repose lui sur une boucle obsédante et des voix chuchotées venant s’ajouter à celle d’Emma, ce qui crée une diversité vocale étincelante, mise en valeur par des guitares gentiment rock et au diapason de cette ambiance prenante. Ces guitares se durcissent d’ailleurs sur la fin du morceau qui s’envole et, du coup, fait s’envoler l’auditeur vers des sphères musicales et émotionnelles inédites. Et ce voyage musical et spirituel ne prendra fin qu’avec le doucereux Steering away puis un magnifique morceau caché ouvertement électro-pop simultanément planant et rythmé, qui semble ouvrir des perspectives musicales encore plus larges à ce groupe extrêmement talentueux. Et entre cette fin d’album et le dernier morceau évoqué, sérénité perturbée par quelques guitares sur Endless break, nappage sonore grinçant et cosmique sur Red bull, électro-pop enchanteresse sur Loneliness. Pour résumer et pour conclure, un album à l’écoute duquel on ressent une multitude d’émotions, tout en en ressentant la profonde et troublante beauté. A découvrir, cela va sans dire.


16pac.free.fr
www.myspace.com/16pac

chronique publiée le 29/10/2006


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire