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Northern Stories 1978/80

Manicured Noise
Caroline True Records - 2006

Sortie dans un relatif anonymat, cette compilation permettra aux inconditionnels de la scène post-punk mancunienne de savourer un nectar aussi inattendu qu’enthousiasmant.
L’une de leurs première traces et pas des moindres fut leur nom inscrit sur l’une des mythiques affiches de concert élaborée par le génial graphiste Peter Saville (Fact 4) pour annoncer les premiers concert du label Factory au sein de leur premier club, le Russell Club.
Au milieu de Human League, de Magazine ou encore des Undertones, ce concert de l’année 1978 permit aux Manicured Noise de sortir de la pénombre de cette cité industrielle en pleine déliquescence.
Musicalement, les influences de Television et surtout des Talking Heads pour la voix de Peter Walsh qui sonne comme un clone de David Byrne, fleurissent des compositions remarquables de mélodies fraîches, de riffs de guitares clairs et inspirés et d’une rythmique funky à faire pâlir un James Brown dégrossi.
L’une des caractéristiques des Manicured Noise est un saxo, qui, loin de suivre la cadence épileptique d’un James Chance ou d’un Ted Milton (Blurt), donne une tonalité funk-jazz des plus réjouissantes et le sémillant Mystery Sound, morceau emblématique est là pour témoigner d’une atypie rare à signaler dans le paysage apocalyptique de la scène musicale du nord de l’Angleterre de ces années-là.
Face à ce mélange d'une disco-funk couverte d’oripeaux à une northern-soul décatie, l’auditeur prend un malin plaisir à dodeliner du bassin tout en mesurant l’importance de certaines de leurs compositions dans la genèse du son des Happy Mondays.
En effet, en écoutant la rythmique batterie-basse-guitare de l’incroyable Payday ou encore de l’immense instrumental Competition, on ne peut que s’imaginer Shaun Rider, son frère Paul, et Gary Wheelan (qui fut un temps batteur de James !), assister aux concerts des Manicured Noise un joint aux lèvres ! 
La seconde partie de leur courte carrière fut moins dansante puisqu’ils fréquentèrent le studio Cold Storage de This Heat et composèrent des morceaux beaucoup plus torturés, plus inspirés par The Pop Group, This Heat ou encore P.I .L. que par Chic ou James Brown.
Néanmoins Music B et consorts impressionnent par l’aridité soudaine qui imprègnent ces nouvelles compositions qui peuvent sonner parfois comme de l’éthio-jazz (en particulier le morceau Infraudibles) cher à Mulatu Astatke sous l’égide de The Fall.
Une bien belle compilation et un petit miracle d’archéologie contemporaine...


www.carolinetruerecords.co.uk

chronique publiée le 21/01/2007


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