25/01/2020  |  5295 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 24/01/2020 à 09:56:16
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Antichambre

Naast
Source etc - 2007

Il y a beaucoup de mauvaises raisons pour vouloir emplâtrer les Naast : bourgeois pistonnés, rockeurs yé-yé aux dents de lait, plus surlookés que surdoués. Le problème, c’est que leur premier album n’en donne aucune valable pour penser qu’ils incarnent autre chose qu’un bulle spéculative alimentée par la frime insouciante de leurs 16-18 ans shootée par Mondino. Les Naast relèvent du fantasme : celui d’un rock français fier à bras, prêt à chercher des poux à son copain anglais à la récré. « Il se passe enfin un truc en France, les jeunes s’emparent des guitares, vous êtes eux ou vous êtes vieux et aigris » nous les défendent leurs pygmalions, souvent vieux et aux fraises, relayés par une presse musicale complaisante (si on veut rester gentil). En « attendant » les albums des Plastiscine et de Second Sex, les Naast du petit coq Gustave Rambali montent les premiers au front, bien couverts quand même par le lobbying intense et apparemment efficace de leur label Source etc.
Antichambre ne dépasse pas 25 minutes. Suffisant pour comprendre que l’on a affaire à l'un de ces groupes à « genre » qui tape dans l’héritage 60’s, aussi étroits dans leurs esprits que leurs jeans slim. Oser le chant en français était couillu. Rambali s’en sort presque. Il y a de l’arrogance mêlée à de la candeur d’un gamin qui ne voit pas plus loin que le pot de sa Vespa. L’écoute des dix titres laisse l’impression de se taper une suite de faces B, déclinant sans fin Mauvais Garçon, leur première et seule cartouche. La production lisse gicle les points noirs. On finirait par la remercier.
Malgré leur jeunesse, les Naast radotent. Un jour, ils se prendront la crise pétrolière et les années 80 sur le coin de la gueule. Peut-être que derrière le vintage, il y a de la sincérité, de l’envie d'en découdre. Mais cette fougue sent les fonds de tiroir des vinyles à Papa, même s’ils en appellent aux White Stripes et Libertines. Un orgue est posé là, comme une relique des surboums d’une France qui pleure la fin des Chats Sauvages. Au Gibus, les petits minets peuvent continuer à manger leur ronron ; pas encore de quoi être jaloux.

A lire également : des chroniques des Naast en concert (Paris, Clermont-Ferrand) et du CD Passe ton Bac d'abord.


www.myspace.com/lesnaast
www.myspace.com/sourceetc
www.source-etc.com

chronique publiée le 25/01/2007


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