28/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Justice
Ed Bangers - 2007

La meilleure chose avant de se jeter sur ce premier album à l’attente messianique, c’est d’oublier l’origine du buzz. OK, We are your friends déchirait méchamment (un grand moment d’hédonisme, de bière renversée et de débauche facile), mais la matière première provenait des sous-estimés Simian. Le mérite de Xavier de Rosnay et Gaspard Augé tenait dans un remix de gros malin. A partir de ce coup fumeux, la machine médiatique s’est emballée (bien aidée par leur manager Pedro Winter et son label Ed Bangers), exigeant de notre duo parisien de reprendre les choses là où Daft Punk les avait plantées. C'est-à-dire à l’après Homework. Devoir patriotique oblige, Justice doit permettre à l’electro française de remettre la main sur les clubs.

Face à la pression le groupe a pris son temps, en brouillant d’abord les pistes avec son maxi suivant, Waters of Nazareth, plus robotique et halluciné. On dansait jaune mais on guettait la suite. s’inscrit dans cette veine : un grand album de bidouilleurs revenant aux bases de la techno des pionniers, mais contaminé par un esprit pop. Car Rosnay (30 ans) et Augé (24 ans) sont des enfants de leur époque, du culbutage des genres, du zapping permanent. Une génération qui créait sa propre mythologie dans le vintage et le recyclage. La preuve avec DANCE, single évident vite consommé sur lequel un gosse imite un Michael Jackson encore Five. Rusé mais imparable. Les arrières assurés, Justice s’aventure, tâtonne - deux titres indigestes - et vire carrément sombre. Avec Genesis et Let There Be Light, les débuts prennent à la gorge, le son cogne. Malgré son nom de criminel prog-rock, Genesis bluffe d’entrée. Rythmiques martiales et hommage aux films de genre, les machines prennent le pouvoir pour mieux se dérégler en route. Justice n’a rien de l’artillerie lourde à la Chemical Brothers, le duo préfère passer par les marges. Il ne fait pas sa pute auprès du public rock, c’est son grand mérite.
Oubliez We are your friends on vous dit, aucun refrain XXL ne viendra vous tenir la main. Phantom I et II c’est du Daft Punk première giclée, celle de Da Funk ou Rollin’ & Scratchin’. Minimaliste mais maximaliste dans ses effets sur le corps. Là-dessus s’enchaîne Valentine - peut-être une héroïne sortie d’une série télé des années 80, imbitable mais à jamais sauvée par le piano de Lalo Schifrin, référence revendiquée du groupe. Profitant de cette halte, The Party, hip-hop féminin et mélancolique, vient ramasser les verres et compter les morts. Un tube tout en descente, il doit être cinq heures du mat' je crois même. Pourtant Justice pousse pour une after, ça traîne des pieds. Sauf que de New York à Sidney, Rosnay et Augé tienne le manche du dance-floor (DVNO).

Si grâce à eux le monde croit que nous vivons dans un pays existant ; on ne va pas affirmer le contraire.


www.myspace.com/etjusticepourtous
www.edbangerrecords.com

chronique publiée le 29/05/2007


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