29/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Voxtrot
Beggars Banquet - 2007

Depuis les mois que le patronyme de Voxtrot circule sur le marché spéculatif du MP3 blog, sa côte avait toutes les chances de se casser la gueule. Simple et mauvaise logique de boursicoteur. Et c’est d’ailleurs ce qui se passe pour partie avec ce premier album, plus qu’estimable, mais pas toujours au niveau élevé des espoirs investis par les premiers EP produits par cette bande de Texans épris de pop anglaise. Avec des singles comme Raised by Wolves ou You Biggest Fan, le groupe pouvait mourir heureux. Sans cacher les glorieuses références (The Smiths, Love, The Zombies pour les plus évidentes), Ramesh Srivastava et ses acolytes donnaient un brillant résumé de la grandeur d’une petite chanson pop : des mélodies qui rebondissent, un refrain érotique et même une certaine dose de talent. You Biggest Fan frôlait le pastiche des Smiths, mais peu importe, l’enthousiasme emportait les doutes avec lui.

Puis vient l’heure de la confirmation ; tout à son honneur, Voxtrot choisit la difficulté en écartant ses premiers faits d’armes de la sélection finale. Sur ce premier disque éponyme, on retrouve nos motifs de séduction : un fracas des références réappropriées et élargies (une ouverture évidente à la power pop, le coup d’œil pour les Go-Betweens), là-dessus les idées se cognent dans des compositions à tiroirs mal rangés. Toujours à limite du surrégime, Srivastava en fait beaucoup ; parfois, par trop-plein de lyrisme, ça se termine en vilaine double faute comme sur l’éreintante ballade Real Life Version. Le single Fireckacer synthétise à lui seul les forces et faiblesses en présence ; quatre chansons en une où cohabitent des passages euphorisants avec d’autres plus douteux. Heureusement Kidgloves suffit pour retrouver les billes mises sur le groupe. On a beaucoup envie d’aimer là-dessus, de ne pas vieillir. Et une bonne partie du disque procure cette sensation. Pour faire court, Voxtrot est juste une bonne adresse pour singles haut perchés dans un univers en surpopulation d’honnête groupe d’album. Dans trois disques inégaux, il suffira alors de se pencher pour récupérer un best-of définitif.
Pour les spéculateurs déçus, ils pourront toujours méditer là-dessus : «  Les espoirs valent plus par l’espérance investie que par la nature de l’objet qu’ils portent. » Elle doit être de moi.


www.myspace.com/voxtrot
www.voxtrot.net

chronique publiée le 03/06/2007


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