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Ocean Fire

Willits + Sakamoto
12k Records - Fevrier 2008

Plonger dans l'œuvre de Ryuichi Sakamoto est l'une des aventures musicales les plus passionnantes et intenses qui soit. Elle commence au Japon au sein du mythique groupe Yellow Magic Orchestra en compagnie de Haruomi Hosono et de Yukihiro Takahashi. Elle se poursuit, plus tard, en solitaire, vers la composition de musique de films de Furyo (Merry Christmas Mr Lawrence) à Talons Aiguilles en passant par Le Dernier Empereur. Autant de films et de succès qui loin de griser son auteur lui ont permis de pleinement dévoiler son talent de fin mélodiste et de lui permettre de poursuivre ses propres expérimentations. Discord, tout d'abord ou quatre mouvements croisent lyrisme exacerbé et tradition musicale japonaise, puis Love Is The Devil, BO éblouissante illustrant la fin de vie du peintre Francis Bacon. Violons torturés, nappes électroniques, notes de piano en apesanteur, cette bande originale marqua un tournant dans l'approche musicale de Sakamoto qui aujourd'hui mène une double vie féconde entre compositions orchestrées de musiques de films et expérimentations électroniques en duo avec Alva Noto (Insen) ou avec Fennesz (Cendre). Aujourd'hui c'est en compagnie de Christopher Willits qu'il publie son nouvel opus : Ocean Fire.

Comme son nom l'indique Ocean Fire est un album concept dédié aux océans, à ses profondeurs abyssales et ces immensités aquatiques. Paysages abstraits, constructions électroniques, ruptures sonores, Ocean Fire subjugue par son homogénéité et par l'apport conjoint de ses deux compositeurs entre les installations soniques et électriques du guitariste Christopher Willits et les ensembles électroniques et pianistiques de Ryuichi Sakamato. Une homogénéité brute quasi monolithique dans lequel l'auditeur glisse peu à peu avant de définitivement se noyer dans cette densité sonore quasi fœtale. Proche en soi des expérimentations de Fennesz sur son Venice (ou la pochette renvoie également à l'élément aquatique) Ocean Fire tranche plus dans le vif tant par l'apport des retraitements électroniques de Willits et de sa guitares très noisy que par la palette sonore de Sakamoto qui dévoile, ici, une facette beaucoup plus électronique qu'à l'accoutumée.

Au final, Ocean Fire est une véritable ode musicale, un album sensoriel et passionnant ou l'auditeur serein se laisse happer doucement vers ces paysages à la beauté aquatiques et aux sonorités envoûtantes.

A noter que le disque est distribué par Metamkine l'un des piliers de la musique transverse et des expérimentations en tout genre. N'hésitez donc pas à découvrir leur catalogue de vente en ligne sur leur site.




www.12k.com/
www.christopherwillits.com/
www.metamkine.com/

chronique publiée le 03/03/2008


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