19/08/2019  |  5224 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 18/08/2019 à 16:59:18
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Daydream Nation (Deluxe edition)

Sonic Youth
Geffen Records - Rééd. 2007

Monument du rock noisy, sorti à l'origine en 1988, Daydream Nation des figures de proue de ce rock dissonnant, les désormais légendaires Sonic Youth, se voit ici réédité par Geffen, cette ressortie incluant la démo d'Eric's trip, la reprise de Touch me I'm sick de Mudhoney et trois autres titres inédits sous forme de reprises, ainsi que l'intégralité de l'album en version live.

C'est donc de toute évidence une véritable merveille que nous tenons là, à commencer par ce disque originel dont chacun des titres mériterait un paragraphe entier, de Teenage riot et son intro délicate suivie d'une superbe accélération à cette Trilogy jouissivement noisy composée de The wonder, Hyperstation et Eliminator Jr. Cet album, pierre angulaire d'un rock expérimental captivant, ne dévoile en effet que des pépites, gorgé de breaks noisy et voyant Thurston et Kim alterner avec bonheur au niveau du chant, Lee y allant également de sa ritournelle sur Hey Joni ou Eric's trip avec bonheur évidemment, et en apportant de plus une intonation plus mélodique à ces morceaux, qui cotoie avec succès une trame nettement plus bruitiste.

Autour de cela, on trouve les inégalables Silver rocket, urgent au possible, un The sprawl plus nuancé mais cerné de zébrures noisy divines, ou encore un Cross the breeze au tempo échevelé, puis ce Total trash et sa montée noisy énorme . Ensuite, Candle, plus nuancé sur son intro, plus léger aussi dans son propos, irrésistible, puis un Rain king et un Kissability radicaux, suivis de l'excellentissime Trilogy évoqué plus haut, ferment la marche. Avec, cerise sur le gâteau, une version démo de Eric's trip magnifique, acoustique, merveilleusement chantée par Lee et qui tranche joliment avec la version album, beaucoup plus "sonore".

Sur le second disque, superbe cadeau que cette prestation live concernant donc tout l'album, aux versions plus rapides encore, plus urgentes, et qui mettent en avant les élans noisy qui ont fait la réputation du groupe depuis ses débuts. La batterie de Steve Shelley y est également très présente, poussant ces morceaux vers le haut et vers les sommets, tandis que Kim affiche elle aussi un surcroît de vigueur, comme par exemple sur un Kissability direct et colérique. Live magnifique donc, qui restitue parfaitement l'attitude du groupe sur scène et son refus de toute concession, et met en opposition les versions en public et celles du disque avec à-propos.

Passé cette bourrasque, nous en arrivons donc aux quatre reprises sur lesquels Sonic Youth imprime sa patte, avec tout d'abord Within you without you lancinant et parfaitement réinterprêté, puis un Touch me I'm sick ravageur chanté par Kim. Puis c'est Neil Young qui est mis à l'honneur sur cette cover speedée et "noisyfiée" de son Computer age, le mot de la fin revenant à Captain Beefheart dont le Electricity se voit lui aussi relifté avec bonheur et "façon Sonic Youth".

Au moment de conclure donc, que dire... si ce n'est que si vous aimez ce rock unique, produit par un groupe sans égal, souvent copié et forcément jamais égalé, l'acquisition de cette perle, de même que celle des rééditions de Goo et Dirty, est absolument impérative.


www.sonicyouth.com/
www.myspace.com/sonicyouth
www.saucerlike.com/

chronique publiée le 20/12/2008


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