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200 Million Thousand

Black Lips
Vice Records - mars 2009

Nouvel album très réussi pour les quatre jeunes voyous des Black Lips, l'un des groupes composant les morceaux les plus sexy du moment, sans oublier d'être l'un des meilleurs combos à voir sur une scène à l'heure actuelle (cf leur concert dément à la Maroquinerie). Fidèles à leur réputation (savamment entretenue, mais justifiée !) de sales gosses, le nom de leur nouvel album comporte une énorme faute d'orthographe - 200 Million Thousand - et offre une belle série de titres à la fois accessibles et très loin du mainstream...

En se démarquant du son - un peu plus propre - de leur dernier LP Good Bad Not Evil et en accentuant encore leur style débraillé, les Black Lips réussissent à surprendre et à évoluer en beauté. La recette du succès de 200 Million Thousand est simple... Cole Alexander, Jared Swilley, Joe Bradley et Ian Saint Pé ont choisi de naviguer avec maestria entre psyché rock façon Brian Jones et Brian Jonestown Massacre (Old Man, Trapped in The Basement), rock 'n roll lancinant et d'humeur bagarreuse (Big Black Baby jesus Of today, son riff de guitare qui tue et sa voix à la Van Morrison) et titres purement rock garage avec six cordes qui claquent et son poussé In the Red (Body Combat, le très stoogien Take my heart, Let It Grow et Elija, ovni chanté comme un Muppet bourré mais avec un refrain à rendre dingue façon Wild Thing). Loin de s'arrêter en si bon chemin, ils se font forts d'alterner également entre les passages country pop (le tubesque Short Fuse), la pop ultra sautillante à la early Beatles (le braillard Drugs), une sorte de rhythm and blues hip hop soul très étrange (Drop I Hold avec refrain imparable), un slow sirupeux avec vocaux gueulés au fond d'un couloir (I'll be with you) et l'option guitares à la Byrds (sur le future hit Starting Over et sur le très agité Again and again, une reprise d'un certain James Osterberg)...

Vous l'aurez compris, c'est très très varié, les ambiances et les humeurs sont changeantes et les tubes - aussi improbables que déjantés - qui résultent de ce choix artistique foutraque n'en ont que plus de charme et de singularité en ces temps de nivellement par le bas - tout le monde sonne pareil pour passer à la radio. Sans céder une seule seconde aux sirènes commerciales, les Black Lips continuent à être les vauriens de la pop garage, aussi sagouins dans leurs méthodes d'enregistrement qu'orfèvres en matière de mélodies et de composition. C'est une très bonne nouvelle en provenance d'Atlanta, Georgia !

Sites Internet : www.black-lips.com, www.myspace.com/theblacklips, www.vicerecords.com, www.youtube.com


chronique publiée le 22/02/2009


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