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The Turn

Fredo Viola
Because Music - 2008

Il arrive que l'on soit, en certaines occasions, séduit par un disque semblant n'appartenir à aucune "caste" tout en n'étant pas dans nos "critères" habituels en termes de goûts et de préférences. C'est le cas, en ce qui me concerne, avec ce The Turn de Fredo Viola, Italo-Américain ayant déjà singulièrement roulé sa bosse, le fruit de ses pérégrinations étant brillamment représenté par ce disque unique. Unique dans le sens ou d'une part, celui-ci ne ressemble à aucun autre; bien malin qui saura rapprocher cette œuvre d'une autre, fut-ce de manière approximative. Et unique parce que d'autre part, même son auteur ne peut, ou ne veut, la définir précisément.

 Pour ce faire, il évoque un improbable croisement entre Sigur Ros et les Beach Boys, mais aussi, et surtout, ses écoutes répétées de pop orchestrale, ce qui apparait comme plus "évident" dès lors que l'on s'imprègne du disque. On se trouve ici au carrefour d'une modernité revendiquée et d'un passéisme décisif, dont les apparats dotent The Turn d'un sacré pouvoir d'attraction. Et si au départ, ce rapprochement temporel et stylistique exige un effort d'adaptation, au final, l'effort consenti débouche sur de bien belles sensations, générées par une œuvre qui a pour mérite de mettre en parallèle, et de "complémentariser", délicatesse et électro retenue, élans actuels et sonorités plus datées, le tout dans une ambiance plutôt feutrée et vocalement de haute volée. Les titres de cet opus semblent même, par moment, issus d'une chorale, et se contentent, pour toute vêture, de motifs sonores discrets et judicieusement choisis. La sobriété, la mise à nu combinée à un don de composition affirmé; voilà les principaux atouts de Fredo Viola, dont l'album ne peut que se résumer, du point de vue des moments forts, à tous ses titres.

 Ceux-ci, en effet, sont d'une parfaite cohérence et si l'on pourrait reprocher à The Turn de manquer d'énergie, ce regret est vite compensé par la qualité des morceaux et le côté individuel, audacieux et pourtant assez accessible, du sieur Viola.

 Grand album donc, à découvrir sans trainer.




www.fredoviola.com/
www.myspace.com/fredoviola

chronique publiée le 25/02/2009


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