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Battle For the Sun

Placebo
Dream Brother - PIAS - juin 2009

Le nouvel album de Placebo - Battle For the Sun - est réservé exclusivement aux fans adolescents du groupe de Brian Molko… Malgré le changement de batteur, l’ajout de cordes et un désir - affiché en interview - de renouveler un peu l’inspiration (plus musclée ?), force est de constater que Placebo fait encore et toujours du Placebo. C'est-à-dire du teenage rock torturé pour les jeunes en manque de repères. Si cela a fonctionné un temps, sans doute quand enregistrer et tourner n’était pas encore devenu un simple boulot, il semble que depuis quelques années le feu sacré ne soit plus là, l’envie de composer et de jouer sur scène - cf la dernière tournée, sans âme - s’est envolée. Brian Molko ne dit pas un mot sur scène, il semble même s’ennuyer fermement ; il a la sensation de faire un travail et doit s’économiser en pensant à la suite programme, le tour du monde des plateaux télé et radios, des grandes salles, des festivals et des stades. Dans ces conditions un peu désespérantes, écouter les 13 titres du dernier Placebo, Battle for The Sun, peut se révéler être une véritable torture auditive. On a en effet l’impression d’écouter toujours la même chanson - avec grosses guitares et chant nasillard - et de subir les mêmes sempiternels clichés ados dans les textes. Cerise sur le gâteau sonique, les arrangements sont même souvent pompiers : pour masquer le manque d’idées, on a rajouté des couches de cordes. Cela dit Placebo reste Placebo, un groupe maîtrisant parfaitement la technique du tube radiophonique qui tue la mort. Les titres Battle for the sun, Ashtray heart et For what it’s worth font taper du pied, donnent presque une impression d’urgence et rappellent de manière fugace de bons souvenirs (Placebo avant David Bowie en 1996 à Lyon, Placebo au Printemps de Bourges 1997 avec Eels et Cat Power). Mais tout cela respire le flagrant manque de foi, le job bien fait pour contenter les kids et la formule dupliquée à l’infini. Comme à la fin des concerts d’Elvis où l’on signalait que le King avait quitté les lieux - pour faire comprendre aux fans qu’il fallait partir, maintenant -, on pourrait diffuser des messages de ce type avant les titres de Placebo : « Brian Molko n’est plus là. » Définitivement, c’est à craindre.

Placebo est actuellement en concert.

A lire également, la chronique du concert de Placebo au Printemps de Bourges 2003.

Sites Internet : www.placeboworld.co.uk, www.myspace.com/placebo.


chronique publiée le 20/06/2009


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