14/12/2019  |  5280 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2019 à 13:47:36
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Loveless

My Bloody Valentine
Creation Records - novembre 1991

Chef d’œuvre inégalé du Shoegazing paru fin 1991, le deuxième album de My Bloody Valentine, Loveless, reste aujourd’hui encore en 2009 un fascinant recueil superbement cauchemardesque de pop songs bruitistes, barrées, aériennes et psyché. Le son de guitare démoniaque - tout droit sorti du cerveau dérangé de Kevin Shields - n’a pas pris une ride ; d'ailleurs, tous les groupes actuels essayant de torturer les cordes de leurs guitares s’inspirent très clairement des travaux séminaux du génial guitariste/songwriter/producteur/chanteur.

Démiurge visionnaire retranché en studio avec Bilinda Butcher (voix de sirène appelant au naufrage sonique tout en se mélangeant admirablement avec celle de Mr Shields) et Colm O’Ciosoig (batteur malade lors de l’enregistrement et donc peu utilisé), le génial dictateur Kevin, trop occupé à tout faire lui-même, n’a même pas pris soin de convoquer la bassiste Debbie Googe ou de laisser qui que ce soit d'autre que lui enregistrer une partie de guitare lors des sessions - étalées sur deux ans, elles ont utilisé de nombreux studios et ingés sons et presque ruiné le label Creation - de ce disque imparable. Empilant sans répit les couches de guitares tel un Phil Spector voulant édifier un infranchissable mur du son, créant des boucles sonores ultra osées, samplant à tout va des instruments sauvagement triturés ou se faisant fort d’enfouir les mélodies et les voix sous des tonnes de larsens, le musicien toujours aussi extrémiste actuellement lors de la tournée de My Bloody Valentine (le groupe tente avec succès de provoquer de divins comas soniques avec ses titres inoxydables) touche au génie sur cet album resté malheureusement (ou heureusement ?) sans suite. Capables de provoquer des trips de très bonne qualité à chaque écoute, les morceaux composant Loveless constituent de véritables monolithes tombés sur Terre comme par miracle ; des monolithes hyper originaux qui serviront de guide à de nombreux auditeurs et musiciens sur les chemins tortueux menant au bonheur musical.

Passionné par le bruit fraccassé des guitares, Kevin Shields a néanmoins pris soin de composer des tubes (Only Shallow, When you sleep, I only said, What you want, Soon), magnifiquement entrecoupés par de sidérantes et jouissives séances de pilonnage auditif onirique (Touched, Loomer, To here knows when, Sometimes… ). Cerné de toutes parts par un véritable maelström d’émotions contrastées, de sons dérangeants et de mélodies divines, embarqué dans un voyage incessant et jouissif entre le paradis et l’enfer, l’on ne peut que se rendre à l’évidence : ce disque de My Bloody Valentine est inépuisable ! Et l’immanquable reformation scénique du groupe permettra de le faire découvrir à toute une nouvelle génération… Tout n’est donc pas si désespérant dans ce monde.

En concert, le 14 août 2009 à la Route du Rock, à St Malo.

A lire également, la chronique du concert de My Bloody Valentine au zénith de Paris en 2008.

Sites Internet : www.myspace.com/mybloodyvalentine, www.mybloodyvalentine.co.uk, www.mybloodyvalentine.net, www.youtube.com et www.youtube.com (2 morceaux live à Coachella 2009).


chronique publiée le 07/07/2009


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