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Pop Crimes

Rowland S.Howard
Infectious Records - Décembre 2009

Quelle pochette ! La photo de la jaquette nous montre le visage, le regard « paumé », «malade» et « marqué de longues nuits blanches pas sages » de Rowland S.Howard. Un visage de rockeur fatigué qui nous rappelle celui de Blixa Bargeld (Einsturzende Neubauten) ou Frank Tovey (Fad Gadget). Oui cette photo fait froid dans le dos, sachant que quelques jours après la sortie du disque, Rowland S.Howard nous a quittés. Il est disparu entre Noël et le 31 décembre dernier, suite à un cancer du foie, à l'âge de 50 ans.
Pop Crimes, son album posthume s’écoutera donc avec une attention toute particulière.
Pour mémoire, Rowland S.Howard à fait parti des groupes “cultes” The Boys Next Door et The Birthday Party, puis de Crime & The City Solution et These Immortal Souls. Il a collaboré entre autre avec Lydia Lunch, Jeffrey Lee Pierce, Thurston Moore, Henry Rollins, Barry Adamson, sans oublier le passage live des Crime dans le film poétique de Wim Wenders Les Ailes du Désir. Donc une belle carrière pour ce guitariste au jeu trouble et à la voix hantée.
Pop Crimes est son deuxième album solo (le précédent Teenage Snuff Film datait de 1999). Sur ce disque on trouve 8 titres, dont 2 reprises : Life’s What You Make It de Talk Talk dans une étonnante version plus sombre que le single original et Nothin de Townes Van Zandt. Comme invités on trouve son vieux et éternel complice Mick Harvey (ils sont ensemble depuis l’époque farouche de The Boys Next Door) et Jonnine Standish du groupe HTRK, qui chante sur le magnifique titre (I Know) A Girl Called Jonny en ouverture de l’album. Le style musical de Rowland S.Howard reste inchangé : du blues gothique à l’atmosphère nocturne. Mais sur cet album posthume, cette couleur funéraire et cabaret rock prend une autre dimension. Comment ne pas regretter la perte d'un artiste au talent si singulier et sincère ? La voix de Rowland S.Howard est grave, trainante, ténébreuse et parsemée de mélancolie très sombre. Sa guitare à la fois cristalline, énervé et répétitive comme une machine industrielle donne un tempo limite religieux, tout en gardant intact la rage, l’énergie du punk (notamment sur la reprise du titre de Talk Talk). Derrière, la basse sombre et tendu de J.P. Shilo, la batterie discrète et délicate de Mick Harvey proche du batteur de jazz et des sons de synthétiseur ambiance cabaret tragique. Au final un excellent album cinématographique à l’atmosphère enivrante, parfois pesante mais toujours excitante. Rowland S.Howard est parti, en nous laissant un dernier magnifique témoignage. Au revoir l’artiste !




www.myspace.com/rowlandshoward

chronique publiée le 19/07/2010


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