07/12/2019  |  5277 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 06/12/2019 à 11:40:08
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Spirit in the system

The Qemists
Ninja Tune - 2010

Second album pour le trio anglais, à l'aise dans cette mixture stylistique qui le caractérise, sans grandes surprises certes tant le genre a déjà été trituré, mais faisant preuve d'inventivité, de diversité aussi, et n'incluant ici que des bons titres.
Les trublions britanniques ont en plus la bonne idée de multiplier les featurings (sept, ici, sur les neuf morceaux que comporte l'album), et inaugure les festivités avec l'athlétique et séquencé Take it back, qui bénéficie de l'intervention d'Enter Shikari. La drim'n'bass du groupe se frotte à des guitares mordantes et les claviers font leur oeuvre en "riffant" eux aussi, et le mélange prend sans difficultés. Puis Hurt less, avec le chant féminin séduisant de Jenna G, habituée des collaborations avec The Qemists, entérine l'adresse qu'ont les Anglais à brasser des éléments divers pour bâtir des morceaux de haute volée. Le rythme est souvent affolant, et sur ce titre, la voix apporte un peu plus de "légèreté", l'étoffage sonore étant là encore judicieux. Le seul reproche global qu'on pourrait émettre étant cette propension un peu trop récurrente à oeuvrer dans la vitesse d'exécution. Ce qui, à la longue, pourrait inciter à décrocher.
Mais le groupe sait aussi breaker ses morceaux, les faire respirer, et Dirty words, très rock, moins "free" dans ses rythmes, apporte sa contribution à un début d'album flamboyant. On semble à l'abri, vu la teneur des chansons, d'une mauvaise, surprise, et le rappé Renegade vient élargir le spectre musical de Spirit in the system, en même temps qu'il en creuse la panel rythmique. Les riffs sont encore d'une grande efficacité, les boucles bien pensées, et voilà que se profile le fonceur Fading halo (feat. Chantal of Invasion), justement porteur des breaks bienvenus voulus par le trio, qui le tempèrent de façon juste, le chant, à lui seul, rendant ce morceau digne d'intérêt. Suit un The only love song au chant rap, rapide, les synthés jouant leur "partition rock" avec hargne mais aussi, en certaines occasions, plus de légèreté, sur un chant qui, lorsqu'il ne rappe pas, se fait plus aérien. Puis on renoue avec une trame plus ouvertement rock sur Life's too short et son chant à la Skin de Skunk Anansie On croirait d'ailleurs entendre son groupe en version drum'n'bass -l'effet est plaisant- et Apocalypse, très club, remuant et dansant, animé par Rob Hawkins de The Automatic, tout de même!,précède avec allant le dernier titre de l'opus, Your revolution. Ce dernier, l'un des singles du groupe si ma mémoire ne me fait pas défaut, met fin de façon tubesque à un disque diablement réussi, à l'aide de riffs détournés réellement déments, d'un chant distancé et de séquences comme à l'habitude décisives.

Une vraie réussite donc, pour le coup, de la part de The Qemists, qui se montrent intéressants, et concluants, tubesques aussi, de bout en bout.


www.ninjatune.net/home/
www.myspace.com/qemists

chronique publiée le 06/08/2010


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