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How to perform a funeral

Peter Kernel
On the camper records - 2010

Groupe basé en Suisse et au Canada, Peter Kernel, composé de deux filles et deux garçons, s'est d'abord consacré à la BO d'un film expérimental, pour ensuite livrer The ticket EP, puis cet album flamboyant, qui dévoile un esprit dérangé et insoumis et offre une gamme large d'humeurs et de sonorités, et des ambiances dont certaines ne sont pas sans rappeler Sonic Youth.
Le quatuor va cependant plus loin que cela, quand bien même la proximité avec le combo de Thurston Moore lui vaut, dans son pays, le titre de "Sonic Youth suisse", et impose ici sa propre patte. Les élans noisy, sauvages, et les rythmes saccadés, de même que ces moments, superbes, de quiétude en trompe l'oeil, se télescopent et accouchent de morceaux sauvages, faits de brisures de rythmes.
Dès He's a heartattack, la mixture bouillonante de Peter Kernel fait mouche et distingue la formation du Tessin, laquelle évoque également les excellents Well Spotted, belfortins auteurs dans les 90's d'un superbe "Shine your star". Les trames plus posées comme I counted them to die properly, chantées par une voix féminine à la Kim Gordon à laquelle répond, de façon plus distanciée, un organe masculin, produisent également un effet significatif, de même que les morceaux plus conventionnels comme l'époustouflant Shoot back. Aucun des onze morceaux de ce disque à la fois bruyant et mélancolique ne prête le flanc à la critique, et l'ensemble constitue certainement l'une des plus belles surprises récentes liées au créneau expérimental.
En outre, le groupe se montre capable de tenir sur la durée (Happy to see you, oeuvre majeure à la retenue superbe), et frôle la perfection noisy d'un Superchunk le temps de l'excellent Smiling. Et même au plus profond de morceaux apaisés, du moins en leur début (What the hell), il parvient à broder un canevas inédit, personnel, qui attire l'auditeur dans ses filets et met en avant des mélodies certes déviantes, mai chatoyantes et décisives, parfaitement associées aux effluves noisy récurrentes sur cette somptueuse mise en son de funérailles.
En fin de parcours, Radio cowboy, tube noisy aux guitares simultanément claires et grinçantes, à la voix sensuelle et menaçante aussi, vient parfaire le rendu, auquel Rena, beaucoup plus leste, met fin avec maestria, dans une répétitivité presque industrielle, sur fond de chant féminin survolté.

Superbe album donc, de la part d'un quatuor imprenable, peut-être pas encore affranchi de sa proximité sonore et stylistique avec Moore and Co, mais qui s'y attelle avec un savoir-faire conséquent et pour un résultat irréprochable.


www.myspace.com/peterkernel
www.peterkernel.com/

chronique publiée le 18/09/2010


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