08/12/2019  |  5277 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 06/12/2019 à 11:40:08
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Where The Oceans End

Cocoon
Barclay Universal - octobre 2010

Certains – de méchants jaloux pas très très chupee et qui n'aiment pas le vilain succès, c'est sûr ! – ont décrit le nouvel album de Cocoon comme une sombre bouse fumante, d'autres ont, à l'inverse, parlé de chef d'œuvre ultime pour décrire Where The Oceans End, cherchez l'erreur ! La vérité est sans doute ailleurs, peut-être bien entre les deux ...

Ceux qui ont aimé le premier album My Friends All Died In A Plane Crash – nous en faisons partie, même si les côtés touche pipi-peluches-humour ado à deux balles des concerts de Mark et Morgane nous désespèrent désormais –, retrouverons ce qu'ils ont aimé sur celui-ci mais avec une production plus opulente réalisée par Ian Caple et des cordes signées par un ex Tindersticks, Dickon Hinchliffe. Le problème, c'est que les chansons sont globalement moins bonnes (le single Comets est décevant), trop proches des influences d'Elliott Smith et Sufjan Stevens (Sushi Oh My God et Yum Yum peuvent être vus comme des variations peu inspirées sur l'immense John Wayne Gacy, Jr de Mr Stevens) et des propres tubes de Cocoon, que la maison de disques a bien poussé pour rééditer le succès de l'opus inaugural et qu'un doute sur la sincérité des émotions provoquées par les voix apparaît forcément après avoir vu le duo en live. Quand on a une manière de se présenter en public qui fait penser à l'idole des pré ados français, Christophe Maé, - les peluches etc - ou à celle des beaufs, le franchouillard Patrick Sébastien - les blagues lourdingues - et qu'on se prétend mélancolique et sensible, l'esprit tourné vers les USA et rêveur, il y a en effet comme un hic ! Tout ces petits trucs énervants s'ajoutent au fait que l'idée du concept album sur la baleine Yum Yum et sur le fait de quitter la « triste » ville et Clermont-Ferrand est particulièrement ridicule ! Il faudrait que Mark Daumail arrête de donner des interviews pour y déverser son fiel nauséabond sur une cité qui a accueilli ses premiers pas et qui l'a soutenu, quoi qu'il en dise. Il faut donc faire abstraction de pas mal de choses exaspérantes pour juger Where The Oceans End, un disque pas vraiment désagréable à écouter, certes, mais sans doute trop aseptisé, consensuel et tourné vers les radios commerciales. S'il y a des titres corrects (le poignant In My Boat, l'enlevé et cuivré Dee Doo, le cristallin Mother, le sobre I Will Be Gone... ), ça fleure bon le manque d'inspiration flagrant à de nombreux endroits.

Un temps de maturation plus long pour l'écriture, une humilité retrouvée, un son plus brut et rustique et des prestations scéniques plus adultes sont à souhaiter pour l'avenir. Sinon, en n'évoluant pas et donc en gâchant son talent pour faire des montagnes de fric (les Panda Mountains, c'est ça ?), Cocoon est bon pour finir en groupe de variétés folk pour midinettes et minets, condamné à faire la tournée des grandes salles comme Yodelice, De Palmas, Jean-Louis Aubert, Aaron, André Manoukian et autres artistes très peu intéressants mais adulés en France. Cela serait bien dommage de devenir comme ces gens-là...

Liens : www.myspace.com/listentococoon, www.frompandamountains.com, www.facebook.com/listentococoon, http://twitter.com/#!/listentococoon, www.youtube.com (la vidéo de Comets... ).


chronique publiée le 01/12/2010


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