24/04/2019  |  5171 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 24/04/2019 à 09:54:22
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Degeneration street

The Dears
Dangerbird Records - 2011

Groupe canadien drivé par Murray A.Lightburn, The Dears en est ici à son cinquième album, et celui-ci semble afficher une émotion forcée, une attitude faussement énergique voire FM (Thrones). Certes, la diversité est de mise, les morceaux acceptables, mais aucun ne se détache vraiment du lot et à l'issue de l'écoute, rien ne ressort vraiment si ce n'est un certain conformisme et l'absence de réelle surprise, de création individuelle, de l'initiative un tant soit peu "risquée" qui aurait pu créditer le groupe et son disque.

The Dears donne l'impression d'une formation sage, soumise à un esprit et des dictats issus d'une frange commerciale de la pop-rock, et l'emphase insufflée dans une composition comme Galactic tides engendre elle aussi une impression de surfait.

On trouve, heureusement de quoi surnager, à l'occasion du vigoureux 5 chords, ou encore d'un Blood légèrement torturé, mais The Dears s'en tient à des formats somme toute classiques. Ceux-ci se situent légèrement au dessus de la moyenne, mais à aucun moment, ou de façon bien trop brève, n'est livré un effort poussé, débarrassé de cette "normalité" gênante.
On se raccroche alors aux quelques chansons entrainantes du lot, telle Yesteryear ou Stock with me kid, pour se rendre compte que c'est la fin de l'opus qui sauve la mise, le dernier des deux affichant une belle vigueur et des claviers tordus alliés à des guitares dures. Et si The Dears retombe dans les travers d'une grandiloquence irritante sur Tiny man, Easy suffering exhale une pop avenante. Des essais corrects côtoient donc l'anecdotique, et le sentiment d'un catalogue stylistique au ressenti forcé ressort de l'ensemble, qui prend fin sur un Degeneration street aérien déjà mille fois pratiqué, qu'on ne peut certes qualifier de totalement dispensable mais qui ne surprend nullement malgré une envolée de claviers (ils sont, décidément, un peu trop mis en avant) honnête, gâchée peut-être par cette voix emphatique énervante.

Un album moyen donc, signé par un groupe qui gagnerait à mon sens à sortir de canevas trop classiques, sages et peu audacieux.


www.myspace.com/thedears
www.thedears.org/

chronique publiée le 07/05/2011


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