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Eat, Numb, Mouth, Waste

Jez Kerr
Higuera Records -

Le premier album solo du bassiste et chanteur d’A Certain Ratio est une des heureuses surprises de la fin 2011. Je ne présente plus la musique d’ACR, que certains, à l’aube des années 80, qualifiaient d’Avant-Funk ou de Disco-noir et qui sont désormais incontournables dans n’importe quelle discothèque d’esthète musical.
Même si les mythes font désormais partis de l’histoire, le cas d’ACR fait figure d’exception, car malgré une multitude d’anecdotes dans l’histoire du Rock (David Byrne ira jusqu’à les épier lors de leur tournée US en 1980 ; avant d’accoucher de « Remain In Light »…) ; ils ne figurent dans aucun manuel.
Ce qui est la marque de fabrique de Kerr, c’est à la fois cette voix douce mi-chantée et cette ligne de basse qui se ballade entre mélodies et groove.
Certes Donald Johnson (le talentueux batteur original d’ACR) est absent de cette production, mais cela ne se ressent pas trop, tant Kerr excelle dans des compositions où se mêlent beat et ballade douce-amère, à l’image de la grisaille de Manchester.
Paradoxalement, derrière le maelström que constituait la charnière rythmique d’ACR, on trouve ici, en solo, une certaine retenu propre à Kerr, et cela n’est pas déplaisant.
« Eat, Numb, Mouth, Waste » constitue un joli panel de son talent de mélodiste hors-pair, et qui renverra à leurs pénates, des outsiders comme Fujiya & Miyagi (pour ne citer qu’eux).
Entre les hypnotiques « Rip You Right Back » et « Technicolor Dawn », le Hannettien « Play Sumthing Fast », le funky « Inland » ou le merveilleux « Reason I Feel Like An Alien , l’auditeur réalisera que les couleurs des arcs-en-ciel de Manchester ne sont pas que le noir et blanc…


chronique publiée le 25/03/2012


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