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The Sky Turns Red: complete anthology

Rotomagus
Martyrs of pop/Lion Productions - Juillet 2012

Rotomagus est un groupe français de Rouen (Rotomagus est justement le nom gallo-romain de Rouen), qui a (sur)vécu entre 1967 et 1972. Une de leur particularité est d’avoir 3 chanteurs et 3 musiciens. Leur style a évolué de la pop music bien de chez nous, avec accordéon/flute et humour décalé (idéal pour la BO d’un film avec Les Charlots et Martin Circus, ou bien un autre film réalisé par Jean Yanne), vers du psyché allumé (le titre Eros) et enfin du hard rock au style Blue Oyster Cult/Led Zeppelin/Slade. A leur actif, trois 45t et un 33t, mais jamais sorti, car pour le label CBS (qui a édité le 2ème 45t), il ne contenait pas de tube. Pourtant à l’intérieur, on trouve un pur titre de rock à faire transpirer les Stooges et à rendre élastique n’importe quelle paire de jambes, le démoniaque Fighting Cock. Titre qui sortira sur le 3ème 45t, édité par le label Butterfly. L’intégrale de leur discographie (les trois 45t sont évidemment introuvables) avec l’album en état de démo, plus deux inédits, sont réunis sur ce CD (ou double vinyle) d’anthologie.

Avant de créer Rotomagus, les frères Peresse jouent dans divers groupes (les Rafals, Crawdad-dies, les Flamingoes) qui font surtout des reprises. Rotomagus fait de nombreux concerts dans la région normande (quelques articles dans les journaux locaux en témoignent) mais aussi à Paris (en première partie des Variations (dans un parking) et Johnny Winter à l’Olympia) et dans des festivals, avec le démoniaque Arthur Brown et son fameux titre Fire. De concerts en concerts, ils se font une « petite » réputation, notamment grâce à leur visuel psyché. Leur 1er 45t sort en mai 1968, soit en pleine manifestation contestataire, d’où un succès confidentiel. Au moment de la sortie du 2ème 45t (fin 1969), le chanteur Alain Villedieu quitte le groupe. Puis une tournée avortée, pour raison familiale, puis le changement de style, (de la pop psyché pour du hard rock), le public n’a pas suivi, et le groupe splite. En 1973, les frères Peresse, sous le nom de Phoenix, réalise un album de reprises de Led Zeppelin, avec une pochette qui représente une vache normande (un clin d’œil à l’album Atom Heart Mother de Pink Floyd ?). Ce disque (vendu à l’époque à bas prix) est devenu une petite curiosité que s’arrachent les collectionneurs. Comme dit Sylvain Peresse, dans le livret du CD : « Nous étions un vrai groupe de scène, pas de studio, assez radical pour refuser de se plier à la demande des producteurs ». C’est donc 40 ans plus tard, grâce à Jean-Emmanuel Dubois (du label de Rouen, Martyrs of pop) et le label américain Lion Produtions, que l’on peut découvrir cet obscur groupe bien de chez nous. Le rock 60-70's réinterprété et digéré par des zozos électrons libres qui n'ont rien à foutre de la Normandie variétoche de Stone et Charden, c'est ce qui leur donne un cachet intemporel, notamment pour les étrangers (anglophones et nippons) à la recherche des groupes oubliés. Certes le son n’est pas au top, mais on ne va pas faire du chichi, face à du collector.


www.martyrsofpop.com

chronique publiée le 17/08/2012


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