15/06/2019  |  5204 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 12/06/2019 à 15:01:49
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Lilith

Jean-Louis Murat
Labels / EMI - 2003

Précédé par un bon single, Le cri du papillon, le nouvel album de Jean-Louis Murat vient d’atterrir dans les bacs, un peu plus d’un an après la parution de Le moujik et sa femme. En pleine forme et toujours aussi prolifique, l’Auvergnat stakhanoviste n’a pas fait les choses à moitié, il a en effet composé pas moins de 23 nouvelles chansons qui forment un double album ! Où s’arrêtera-t-il ?

Décomplexé, Murat évolue désormais en toute décontraction dans une formule trio avec son "sparring-partner" Fred Jimenez à la basse et Stéphane Reynaud à la batterie et aux percussions. Fort de cette section rythmique sobrement efficace, JLM peut se concentrer sur ses textes, toujours aussi réussis, sa voix, parfaite, et son jeu de guitare, de plus en plus débridé. Le power trio peut donc se lancer dans des chevauchées inspirées par Neil Young And Crazy Horse (Les jours du jaguar) ou Creedence Clearwater Revival (Gel et rosée). Pour ce double album ambitieux, les choses ont été faites en grand : Dickon Hinchliffe des Tindersticks signe des arrangements de cordes majestueux pour de nombreux titres dont le magnifique Se mettre aux anges. Camille et Armelle Pioline apportent quant à elles une touche féminine bienvenue avec leurs chœurs.

Les fans vont être aux anges : avec Lilith, Jean-Louis Murat prouve une fois de plus la qualité de son écriture. Vous en connaissez beaucoup, vous, des artistes français capables de sortir un double album avec autant de chansons convaincantes ? Moi, non…

auteur : Pierre Andrieu - pierre_andrieu@yahoo.fr

Autre regard :

Avec Lilith, l’ami Murat nous permet enfin d’envisager sereinement les prochaines fêtes de Noël en nous offrant un disque idéal pour nos belle-mères.

Son écoute est paisible et agréable, et permet d’effectuer repassage et ménage en toute quiétude. Sa diversité et son éclectisme facilitent l’enchaînement des 2 faces et donnent raison au format double de l’album. La voix suave et féline de l’auteur charme la ménagère rassurée par l’ancienne image "variété" du chanteur.

Mais attention, tout cela n’est que façade et l’ouverture tranchante de Lilith, avec son premier morceau âpre et fiévreux, alerte l’auditeur attentif que de tortueuses rivières souterraines mettront à tout moment l’édifice en péril.

Murat a lubrifié ses ritournelles mais elles demeurent le fruit d’un homme "en-ga-ra-gé" (supprimez la syllabe qui vous paraît la moins adaptée) qui refuse les concessions artistiques et développe un art maîtrisé, tout en continuant de prendre des risques.

Ainsi en offrant Lilith lors des prochains regroupements familiaux, vous introduirez insidieusement la mélancolie dans des salons sans poussière et permettrez aux personnes qui se laisseront porter, de vivre activement leur gueule de bois en exerçant leur sensibilité enfouie par des années de consommation télévisuelle putassière.

En attendant une tournée qui ne manquera pas d’être "intéressante" (quel adjectif employer alors que l’inattendu est précisément ce qu’on ira chercher), je vous invite à découvrir ardemment cette nouvelle création.


www.jlmurat.com/

chronique publiée le 28/08/2003


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